L’économie palestinienne s’est contractée l’année dernière pour la première fois depuis 2006 sous l’effet de la guerre à Gaza l’été dernier avec Israël et des « tensions politiques croissantes » en Cisjordanie, a indiqué le FMI jeudi.

« Un degré élevé d’incertitude et plusieurs vents contraires risquent d’empêcher une forte reprise en 2015 », a souligné le Fonds monétaire international dans un communiqué publié à la suite d’une mission à Ramallah, en Cisjordanie.

Selon le FMI, le conflit entre l’Etat hébreu et les groupes armés palestiniens, a fait plonger l’économie de la bande de Gaza de 15 % en 2014.

L’activité économique sur la seule Cisjordanie a, elle, augmenté de 4,5 % pendant l’année tout en accusant un « brutal ralentissement » au cours du troisième trimestre, a affirmé l’institution. Selon elle, l’économie palestinienne s’est dans l’ensemble contractée de « près de 1 % » par rapport à 2013.

« Le taux de chômage se maintient à des niveaux très élevés, s’établissant à 41 % à Gaza et à 19 % dans la Cisjordanie », a également pointé le FMI.

Le FMI s’inquiète plus particulièrement de la situation à Gaza où la reconstruction se fait « plus lentement que prévu », en raison de « progrès insuffisants » dans la réconciliation entre les mouvements palestiniens rivaux, le Fatah et le Hamas, et d’engagements financiers non-tenus par la communauté internationale.

L’ONU a annoncé mardi devoir suspendre son aide financière à des dizaines de milliers de Palestiniens pour réparer leur maison ou payer leur loyer à Gaza dévastée par la guerre avec Israël, en dénonçant les promesses internationales non tenues.

« Les perspectives de croissance à moyen terme restent modestes », a également déploré le FMI, qui s’inquiète notamment du gel par Israël de taxes dues à l’Autorité palestinienne.

Début janvier, Israël a refusé de reverser 106 millions d’euros de taxes collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne en riposte à sa demande d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI).

Ces taxes, qui sont reversées traditionnellement chaque mois, sont « essentielles » pour l’économie palestinienne et leur gel risque d’aggraver « la crise budgétaire » actuelle, a rappelé le Fonds.

« La situation pourrait devenir intenable, avec des risques croissants de troubles sociaux et de grèves qui pourraient conduire à une instabilité politique », a prévenu le Fonds, appelant Israël à reprendre ses versements pour « atténuer » ces risques et exhortant la communauté internationale à augmenter son aide.

La crise ne pourra être contenue par l’Autorité palestinienne que « pendant quelques mois », a encore ajouté le FMI.