C’était en 1984, il y a 32 ans, la première vague d’immigration éthiopienne, avec l’opération Moïse, pour rapatrier les juifs éthiopiens du Soudan.

« Les gens à cette époque étaient juste des gens qui venaient de descendre de l’avion », raconte Moshe Malka, directeur du théâtre israélo-éthiopien Ensemble, qui a mis en scène des pièces et des productions pendant près de 20 ans. « Maintenant, je travaille avec des gens qui savent à peine quelques mots d’amharique. »

La communauté éthiopienne fait toujours face à de nombreux problèmes, et ses membres trouvent le moyen de diffuser leurs problèmes et leur succès dans la population israélienne.

La troupe de théâtre de Malka fera sa première représentation durant le septième festival Hullageb à Jérusalem, du 15 au 21 décembre, une célébration annuelle de musique éthiopienne, de danse et de théâtre qui met en vedette des artistes éthiopiens locaux ou de passage. C’est le genre d’évènements qui accueille aussi bien les visiteurs que les initiés.

« Réfugiés » est une légende urbaine sur la rencontre entre des mondes et des identités qui entrent en collision durant une nuit cauchemardesque à Tel Aviv. La pièce raconte l’histoire de quatre réfugiés érythréens, poursuivis par la police. Ils trouvent refuge chez Avi, un Israélien célibataire, en pleine rupture.

C’est un reportage sur la situation actuelle des réfugiés africains en Israël, mélangé à l’histoire des juifs israéliens éthiopiens et les questions d’identité, de racisme, d’appartenance et de nationalité, analyse Malka.

Le script, en hébreu, en tigris, avec quelques passages en anglais sera entièrement sous-titré en anglais. Après la représentation, Malka répondra aux questions des spectateurs, pour permettre à tout le monde de digérer ce qu’ils auront vu.

Malka écrit toutes ses pièces, y compris « Réfugiés », après des séances d’improvisation avec ses acteurs, et c’est un processus qui peut se poursuivre jusqu’aux dernières répétitions.

« Je ne suis pas Éthiopien, et je regarde tout de l’extérieur », explique Malka. « C’est une optique assez universelle. »

Malka explique qu’il aime mélanger les identités, créer « une sorte de neutralité ». « J’aime créer quelque chose qui soit à la fois confus et clair, qui permet d’être associé au reste du monde et de briser des barrières. »

Il a dirigé un atelier de théâtre et une petite pièce avec les premiers Éthiopiens il y a près de 17 ans, et sa « façon étrange de tout voir » lui permet d’offrir un angle qui sort les acteurs éthiopiens de leur « profondeur et leur fait faire des choses plus pointues et précises ».

« L’utilisation de l’identité de cette pièce est ce qui nous emporte à chaque fois », explique encore Malka. « Ce que vous êtes, israélien, éthiopien, artiste, acteur, comment vous vous identifiez. Et c’est ce qui est important aux acteurs éthiopiens actuellement, être israélien. »

AvevA, l'une des artistes qui se produira lors du Festival Hullageb, du 15 au 21 décembre 2016 (Crédit : Maya Baran)

AvevA, l’une des artistes qui se produira lors du Festival Hullageb, du 15 au 21 décembre 2016 (Crédit : Maya Baran)

Cette année, la programmation du Festival Hullageb inclut également une représentation de l’artiste éthiopienne Aster Aweke, connue comme l’Aretha Franklin d’Éthiopie, une nuit de soul afro avec AvevA, et de nombreux autres artistes éthiopiens.

Les représentations du Festival Hullageb, subventionné par la Confederation House, la Fondation Bracha, le ministère de la Culture et des Sports, la mairie de Jérusalem, et certains départements du ministère des Affaires étrangères auront lieu au Jerusalem Theater, à la Confederation House, au Leo Model Hall au sein du Gerard Behar Theater, à l’ancienne gare et au Yellow Submarine.

« Réfugiés » sera jouée les 20, 21, 22 et 28 décembre, le 3 et le 11 janvier. Les billets sont disponibles à la vente sur Bimot et plus d’information sur la page Facebook de la Confederation House.