L’armée a constaté une augmentation nette, par rapport à l’année passée, du nombre d’engins explosifs placés par des Palestiniens à côté des routes de Cisjordanie, a déclaré un officier de l’armée lors d’une récente visite dans la région.

« Le niveau de sophistication n’est pas très haut, a déclaré le Maj Irad Hershkovitz, des officiers de démolition de la Brigade régional Shomron. Ce n’est pas Yahya Ayyash. Ce n’est pas la Deuxième Intifada. Mais il y a eu une augmentation significative. »

Le changement de cibles est plus préoccupant que le nombre d’attaques, a-t-il déclaré. Plus tôt dans l’année, il y a eu plusieurs engins explosifs visant des troupes de l’armée sur la route menant au poste militaire du mont Ebal.

Hershkovitz a qualifié ces attaques de « moins préoccupantes » expliquant que les troupes se déplacent en véhicules blindés et peuvent contrôler la route régulièrement pour détecter les engins explosifs.

Pourtant, récemment, des citoyens ont été les cibles dans la région, a-t-il déclaré. De nombreux engins ont été placés sur la porte d’entrée ou sur la route vers l’ancienne implantation de Homash (qui a été évacuée lors du désengagement de Gaza en 2005 mais reste un site de pèlerinage pour ceux qui souhaitent revenir).

Le 31 août, peu après sept heures du matin, un engin improvisé relié à un minuteur a explosé à la jonction Rechelim, au sud de Naplouse. Deux minutes plus tard, un engin supplémentaire, identique au premier, a explosé à proximité de la jonction Jit. Six minutes après cela, un autre enfin a explosé quelques mètres en bas de la route depuis la jonction. « Les explosions étaient minutés et ciblaient des civils », a déclaré Hershkovitz.

Il a décrit les engins explosifs comme ayant en général un revêtement en métal dans lequel la substance explosive est placée, une montre ou minuteur de téléphone portable et souvent du métal supplémentaire comme des boulons pour des éclats d’obus.

Le 10 octobre, un grand bidon normalement utilisé pour les olives mais cette fois-ci rempli de poudre à canon et de boulons a explosé à la jonction Rechelim.

Depuis lors, explique Hershkovitz, l’armée a travaillé pour attirer l’attention des citoyens sur la menace et envoyer des pisteurs à différents arrêts de randonnée et des arrêts de bus deux fois par jour pour chercher des engins explosifs.

Il explique néanmoins que l’armée contre essentiellement la menace par des arrestations de nuit, parfois de dizaines de suspects.

« La solution se trouve dans les vagues d’arrestations que nous faisons », a-t-il déclaré en soulignant que l’armée est active dans la zone A qui est sous contrôle palestinien total, et dans les camps de réfugiés de Naplouse. « Il n’y a pas de nuit au cours de laquelle quelques Palestiniens ne sont pas arrêtés, a-t-il déclaré. Il n’y a rien d’autre à faire. C’est ce qui arrête la vague de terreur. »

Il a déclaré qu’il n’est pas étroitement impliqué dans la coopération sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne mais que la situation « est assez fraîche » et qu’il y a « une sorte de déconnexion à cause de l’actualité politique ».

Plus tôt cette semaine, l’armée a publié les chiffres concernant d’autres formes d’attaques contre des citoyens israéliens. En 2014, il y a eu 367 cocktails Molotov lancés sur des civils, des chiffres qu’il faut comparer aux 275 attaques de l’année précédente et au 94 de 2010, a annoncé le magazine hebdomadaire de l’armée Bamahane.

En outre, il y a eu 29 attaques sur des véhicules en 2014, une nette augmentation par rapport aux six tentatives de l’année précédente. Une légère augmentation pour les jets de pierre, de 2462 à 2742 ainsi qu’une augmentation significative du nombre de manifestations en Cisjordanie, de 2672 à 4390.

L’armée a divisé l’année en trois parties, avant l’opération Protection de frère, lancée en juin afin de trouver les trois jeunes juifs enlevés puis assassinés, pendant cette opération et la campagne de 50 jours à Gaza, et après la fin de l’opération à Gaza. Le gros de la violence s’est produit lors des deux opérations, en Cisjordanie et à Gaza.

« Lors de l’Opération Bordure protectrice [à Gaza], il y a eu une augmentation de tous les paramètres », a déclaré un officier du commandement central à Bamahane. « Depuis l’opération, il y a eu des hauts et des bas, et nous n’avons toujours pas atteint le niveau de la période pré-opération Protection de frère, mais nous commençons à revenir vers une situation normale. »

L’officier a attribué l’augmentation de l’emploi des cocktails Molotov, et même s’il ne l’a pas mentionné, des engins explosifs basiques, à une pénurie d’armes plus sophistiquées. « La tendance va vers un manque plus important des armes à disposition des Palestiniens, explique-t-il et les cocktails Molotov [et les engins explosifs] sont leur solution. »