L’armée israélienne a vu une augmentation de 40 % du nombre d’inculpations déclarées pour des crimes sexuels commis au sein l’armée en 2014, a annoncé cette semaine le magazine hebdomadaire de l’armée Bamahane. Le nombre total de crimes sexuels pour lesquels des soldats ont été inculpés a atteint 37 alors qu’il était de 26 en 2013 et de 20 l’année précédente.

Le procureur en chef de l’armée, le colonel Udi Ben Eliezer, a déclaré à l’hebdomadaire qu’il y avait trois cas dans lesquels un accusé avait été inculpé de viol et huit cas d’agression sexuelle.

Le crime sexuel le plus courant dans l’armée en 2014 était la violation de la vie privée, a-t-il déclaré, avec 35 % des cas liés à des photos ou des films illicites de soldats féminins. « Je ne suis pas sûr qu’ils comprennent toutes les terribles répercussions de leur actions, explique-t-il. Il doit être clair qu’il ne s’agit pas d’un canular enfantin, mais d’un crime sexuel à part entière. »

Il a cité le cas d’un soldat de carrière qui filmait fréquemment des soldates sous la douche et d’un autre soldat incorporé qui menaçait de faire circuler une photo d’une soldate qu’il avait modifiée pour la faire apparaître nue, si elle refusait de coucher avec lui. « C’est un acte criminel grossier qui implique en plus du chantage », explique Ben Eliezer.

Au cours des trois dernières années, la Police militaire de l’armée a enquêté sur plus de 260 crimes sexuels, mais dans une majorité des cas les victimes supposées, conscientes de devoir aller témoigner devant la cour, ont choisi de ne pas porter plainte.

En 2014, 70 % des femmes qui se sont plaintes et ont cherché de l’aide ont choisi de ne pas témoigner devant la cour et de porter plainte.

« Cette différence pose un énorme problème », explique Ben Eliezer, notant que dans de tels cas une évaluation interne est conduite et le criminel suspecté est averti mais « aucune action ne peut être prise contre l’homme, explique-t-il en regrettant qu’il puisse même recevoir une promotion. »

Témoigner et être interrogé devant la cour, explique-t-il, « ne constitue pas une épreuve facile, et c’est un euphémisme », mais au final, dit-il, « il n’y a pas d’autre choix ».

Dans l’armée américaine en 2014, 20 000 soldates ont rapporté au moins un exemple de « contact sexuel non consenti » soit près de 5 % de l’ensemble des soldates en fonction, selon les données publiées par le Département de la Défense et le Rand Corp en décembre dernier.

Ce chiffre était beaucoup plus élevé que le chiffre officiel des agressions, 5 983, annoncé par l’ancien ministre américain de la Défense Chuck Hagel dans son rapport au président Barack Obama en novembre.

Dans le rapport Rand, le Military Times a noté que de nombreux incidents qui auraient pu être considérés comme du bizutage par le Pentagone ont été comptés comme des agressions. En tout, le rapport a déclaré que près de la moitié des agressions déclarées par les femmes, et 35 % de celles déclarées par les hommes, étaient « des agressions sexuelles avec pénétration ».

L’enquête Rand a révélé que 62 % des femmes qui ont subi une agression sexuelle et l’ont déclaré, selon le Military Times, ont été confrontées à « une forme de punition ou de représailles ».