Abraham Foxman, l’ancien directeur de l’Anti-Defamation League (ADL), a déclaré que le langage utilisé par l’ambassadeur en Israël choisi par le président élu Donald Trump en direction du groupe était « inacceptable » et « affreux ».

“Le langage affreux utilisé par Friedman, le nouvel ambassadeur, pour décrire l’ADL, son président actuel et J Street est inacceptable et vient saper la nécessité d’unité dans notre communauté pour pouvoir faire face aux défis que nous avons devant nous, qu’il s’agisse de l’antisémitisme ou de la menace de l’islam radical”, a commenté Foxman dans un communiqué distribué mardi par l’ADL concernant David Friedman.

Trump, la semaine dernière, a procédé à la nomination de Friedman, avocat et curateur de faillites, ami de longue date de Donald Trump et l’un de ses hauts-conseillers auprès de la communauté juive.

Un certain nombre de groupes libéraux se sont inquiétés de cette nomination, notant que Friedman est lourdement investi dans le mouvement pro-implantation et qu’il a déclaré que J Street, groupe juif libéral fortement impliqué dans la politique au Moyen-Orient, était « pire que » ne l’avaient été les collaborateurs Juifs auprès des Nazis. Quatre membres juifs du Congrès, tous Démocrates, ont également dénoncé cette nomination.

Jewish Insider a cette semaine republié une interview post-électorale dans laquelle Friedman qualifiait les membres de l’ADL de “crétins” pour s’être interrogés sur une publicité rendue publique avant les élections, dans laquelle Trump évoquait des conspirations bancaires internationales opaques en présentant des images de personnalités juives associées par Trump à sa rivale Démocrate Hillary Clinton.

Pour avoir noté la ressemblance de cette publicité et les thématiques antisémites classiques – même si elle ne mentionnait pas le mot « Juifs » – Friedman avait expliqué que l’ADL avait « complètement détruit et perverti son propre mandat ».

Foxman a indiqué qu’il espérait qu’ “en tant qu’ambassadeur, M. Friedman saura surveiller davantage ses propos publics et saura reconnaêtre qu’il est de loin préférable d’être en désaccord de manière courtoise que d’agresser de façon indiscriminée ».

Le successeur de Foxman, Jonathan Greenblatt, doit encore émettre un communiqué. Dans l’interview, Friedman avait expliqué que Greenblatt était “d’extrême-gauche”, mais n’avait apparemment cité aucune preuve venant étayer cette déclaration.

Jonathan Greenblatt, président de l'ADL. (Crédit : autorisation)

Jonathan Greenblatt, président de l’ADL. (Crédit : autorisation)

L’organisation Union for Reform Judaism, citant l’interview parue dans le Jewish Insider, s’est adressée à Trump pour lui demander de clarifier ses politiques à la lumière des déclarations faites par Friedman et de ses suggestions laissant entendre que l’ADL et d’autres groupes – que Trump n’admire guère – ne seraient pas les bienvenus à la Maison Blanche.

“M. le président élu, est-ce bien votre intention de ne pas accueillir les groups qui sont en désaccord avec vous ?” est-il écrit dans ce courrier signé par le président de l’URJ, le rabbin Rick Jacobs. “Vos portes ne seront-elles ouvertes qu’à ceux qui partagent votre vision des choses ? Comment pouvez-vous adapter l’approche définie par M. Friedman avec la promesse que vous avez faite à tous les citoyens de notre pays, selon laquelle vous serez le “président de tous les Américains” ?

Séparément, Ronald Lauder, président du Congrès Juif Mondial, a exprimé son soutien au choix de Friedman après l’avoir rencontré.

“Homme réfléchi et accompli, David Friedman est un Américain fier et un avocat passionné des atouts dont Israël et les Etats Unis ont su jouir sur la base d’une amitié qui existe depuis des décennies”, a déclaré dans un communiqué Lauder, qui connaît Trump depuis des dizaines d’années.

« J’ai la certitude qu’il sera un ambassadeur américain remarquable en Israël ».

Un certain nombre de groupes de droite ont également salué la nomination de Friedman.