Prague – Le directeur national de l’Anti-Defamation League (ADL), Abraham Foxman, a affirmé que le président Barack Obama et son collègue français, François Hollande, refusaient de déclarer que les islamistes étaient une menace pour la société.

Lors d’un débat organisé dans la capitale tchèque lundi pour commémorer le 70e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz par l’armée rouge, Foxman aurait émis ces allégations au sujet des présidents français et américain.

Les récentes agressions des Juifs en Europe ont dominé les débats durant cet événement, intitulé « Laissez mon peuple vivre », qui était organisé par le gouvernement tchèque et le Congrès juif européen, présidé par Moshe Kantor.

« Pour Hollande, dire devant le monde entier que Charlie Hebdo n’a rien à voir avec l’Islam, équivaut à nier la réalité, la vérité », affirme Foxman en se référant au discours du président français suite à l’attentat mené par des islamistes qui a coûté la vie à 17 personnes à Paris et dans ses environs – quatre d’entre eux sont morts dans un magasin casher de Paris, douze dans les locaux de Charlie Hebdo et une policière à Montrouge.

Lors de son discours du 9 janvier, Hollande avait déclaré : « ces fanatiques, ces ignorants, n’ont rien à voir avec la religion musulmane. » Cette déclaration a été largement comprise comme signifiant que l’interprétation de l’islam faite par les terroristes était mauvaise.

Au sujet d’Obama, Foxman explique que le président américain « a convoqué une réunion le 18 février à la Maison Blanche ; pour discuter de quoi ? De l’extrémisme ? Des extrémistes radicaux. Allo ?! Et personne dans les médias ne relève qu’il ferme les yeux sur ce que c’est réellement ? ».

La Maison Blanche a annoncé le 11 janvier, par la voix du Secrétaire d’Etat à la Justice Eric Holder, l’organisation de cet événement en réaction aux attentats de Paris. Holder a indiqué que le but de cette réunion est de trouver « les moyens avec lesquels nous pourrons nous opposer à l’extrémisme qui existe dans le monde ».

Des centaines de dirigeants des communautés juives, des politiciens et des penseurs de toute l’Europe – dont l’avocat juif américain et chercheur Alan Dershowitz et le philosophe juif français Bernard-Henri Lévy – ont participé à l’événement de Prague.

Au cours du débat, Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, a appelé les parlements et les gouvernements européens à adopter des lois plus strictes contre les discours de haine.

« S’il vous plaît, plus de politiquement correct, maintenant », a imploré Kantor.

Les problèmes concernant la négation de la Shoah et la sécurité des Juifs européens « doivent être abordés sans que nous ne pensions au politiquement correct ».