Une femme de 26 ans, ancienne candidate à un concours de Miss, a été condamnée mercredi à trois ans de prison dont un avec sursis pour apologie de terrorisme, par le tribunal correctionnel de Montpellier.

Le tribunal a assorti le sursis d’une mise à l’épreuve pendant trois ans avec obligation de se soigner, de travailler et d’obtenir l’autorisation du juge d’application des peines avant tout déplacement à l’étranger.

Le procureur avait requis trois ans de prison dont six à neuf mois avec sursis, s’interrogeant sur les « changements brusques » de la prévenue survenus depuis son incarcération le 27 janvier pour « apologie publique d’un acte de terrorisme » sur les réseaux sociaux.

« Elle dit avoir changé, modifié son état d’esprit. La question est de savoir si ce changement qu’elle allègue est réel ou n’est que superficiel », a estimé André Dutil.

L’examen du téléphone de la jeune femme, qui avait participé à une élection de Miss dans une commune proche de Montpellier, a révélé « des photos de femmes et d’enfants en niqab ou en burqa, des fichiers audios de chant à la gloire de l’Etat islamique, des vidéos d’un enfant qui décapite une poupée, des images d’attentats et de décapitations de prisonniers », a énuméré le président, Jérôme Reynes.

Lors de conversations téléphoniques avec un homme vivant en Tunisie qu’elle envisageait d’épouser avant de rejoindre « la Syrie, l’Irak ou le Yémen », ou dans des notes rédigées, elle tenait « un discours particulièrement virulent sur la nécessité de faire le jihad et de combattre » tous les non-musulmans, a ajouté le président.

« A l’époque, je le pensais », a admis la jeune femme, à l’aise dans le box, expliquant s’être convertie à l’islam « fin février-début mars 2016 » à la mosquée de Lunel, ville de l’Hérault qui a vu une vingtaine de jeunes partir en Syrie, dont une partie est décédée lors d’affrontements armés.

« Je cherchais quelque chose que je n’avais pas et j’ai rencontré ces gens-là qui étaient gentils, me portaient de l’attention. Au fil du temps, ces gens-là ne se sont pas révélés si gentils », a décrit la prévenue dont la vie a été marquée dès l’adolescence par des fugues, la vente et la consommation de drogue.

Son avocat, Me Luc Abratkiewicz, l’a décrite comme « une grande adolescente, une jeune femme paumée, une proie facile » qui a été « rasta, baba-cool, gothique » et pour qui le suivi socio-judiciaire « est une évidence ».