Dix jours après l’attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo, ils avaient entrepris un voyage vers la Syrie: Quatre jeunes Français ont comparu mercredi à Paris pour cette échappée avortée vers le jihad en janvier 2015.

Agés de 19 à 24 ans, trois hommes et une femme — seule à comparaître libre — doivent répondre jusqu’à jeudi devant le tribunal d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme, en France et dans plusieurs pays européens ainsi qu’en Syrie, en 2014 et 2015.

Ils risquent dix ans de prison.

Bilal Taghi, le plus âgé, son ex-compagne Sihem Laidouni, 22 ans, Mansour Ly, également 22 ans, et Fayçal Aït Messoud, 19 ans, sont partis ensemble de Trappes (région parisienne) le 17 janvier, alors que la France est sous le choc des attentats jihadistes contre « Charlie » et un supermarché casher (17 morts).

Ils partent en voiture vers la Turquie, où un contact doit les conduire en Syrie. Le périple tourne court après un accident de voiture à 400 km de la frontière syrienne.

Expulsés vers la France le 3 mars, ils reconnaissent que la « destination finale de leur voyage était la Syrie » où l’organisation jihadiste Etat islamique (EI) vient de saluer les attentats parisiens, résume le président du tribunal.

Appelée la première à la barre, Sihem Laidouni raconte, visage encadré d’un hijab, sa rencontre avec Bilal Taghi en 2013, leur mariage religieux, leur fils.

Elle explique avoir été conquise par l’image positive de la vie à Raqqa que donnait sa belle-soeur. « Elle disait que c’était sécurisé pour les familles. »

Désigné pendant l’enquête par les autres comme « l’émir » du groupe, le responsable de l’organisation du voyage, Taghi affirme qu’il voulait aller en Syrie pour ramener un de ses frères, Abdelhafid.

Il pleure en évoquant sa « mort », apprise récemment. C’est ce frère aîné qui fait naître chez lui dès 2013 « une certaine attirance pour l’Etat islamique » et le décide à partir, avec son frère Khalid.

« Finalement Khalid est parti avant, en août 2014. Il m’a expliqué que ce n’était pas aussi bien que ce qu’Abdelhafid disait. » Il apprend que Khalid est mort en novembre, décide néanmoins de partir.

De leur côté, Mansour Ly et Aït Messoud ont admis avoir voulu rejoindre la Syrie, mais pour « apprendre la religion », pas pour combattre.

Qu’est-ce qui a poussé ces jeunes, étudiants ou en formation, à partir ?