Le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a exhorté jeudi les Juifs à ne pas « quitter la France », car « la France a besoin des Juifs de France », au cours d’une soirée d’hommage aux sept militaires et Juifs tués le 19 mars 2012 par le djihadiste Mohamed Merah à Toulouse.

Jonathan Sandler et deux de ses enfants : Arieh Sandler, Gabriel Sandler et Myriam Monsonego ont été lâchement abattus devant leur école. Les militaires abattus : Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohammed Legouade.

« La France a besoin de tous ses enfants et elle a besoin des Juifs de France (…) elle sait parfaitement que si vous deviez quitter ses bras la France ne serait plus la France » a déclaré à Toulouse M. Cazeneuve devant 1 500 personnes présentes pour cette cérémonie à la mémoire des victimes des attaques commises dans cette ville et à Montauban.

« Nous n’entendons pas céder à l’effroi que veulent semer les terroristes et resterons debout (…) », a-t-il encore déclaré.

« Vous appartenez à l’Histoire de la France, ses malheurs, son miracle : la France ne serait pas la France sans la présence du judaïsme et des Juifs de France », a pour sa part dit à la même occasion l’ancien président Nicolas Sarkozy, aujourd’hui à la tête de l’UMP (droite, opposition).

« Partir, quitter la France offrirait une insupportable victoire posthume aux assassins. A travers vous, la France est attaquée, si vous partez, c’est la France qui se met à genoux », a-t-il poursuivi.

Yaacov Monsonego, directeur de l’école Ohr Torah et père de Myriam, tuée à 8 ans, a déclaré lors d’une cérémonie organisée à l’école juive Ozar Hatorah (rebaptisée Ohr Torah) que « l’âme de l’école est toujours là ».

« On ne perçoit pas d’inquiétude chez les enfants. Je n’ai pas entendu dire que des parents aient retiré leurs enfants par peur des attentats. Sur les 25 membres du corps professoral — non juif dans sa totalité — pas un seul n’a quitté l’établissement », a-t-il précisé.

La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve ont participé à un dépôt de gerbes silencieux à la mémoire des victimes, au côté du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (UMP), et de Nicolas Sarkozy, chef d’Etat au moment des meurtres.

Un hommage a été rendu à Sarcelles aussi en présence d’Eva Sandler, la veuve de Jonathan Sandler et de représentants de la communauté juive. L’on se souvient de la profonde émotion qui régnait à la synagogue de la Victoire lorsque Mme Sandler a allumé la 17e et dernière bougie à la mémoire des victimes des récents attentats de Paris.

Joël Mergui, président du Consistoire, a déclaré que « les leçons de Toulouse n’avaient pas été tirées » face au danger que représente « l’islamisme radical. »

Quant au maire de la ville, François Pupponi, ce dernier craint que les jeunes confondent la haine d’Israël avec la haine des Juifs. Lors de l’opération Bordure protectrice, de violentes manifestations avaient éclaté dans la ville surnommée la petite Jérusalem.

La cérémonie a eu lieu devant la stèle qui honore la mémoire de Jonathan Sandler, de ses deux enfants, Gabriel et Arié, et de la petite Myriam Monsonégo, « lâchement assassinés parce que juifs », sur la place qui porte leur nom à Sarcelles, ville où Eva Sandler et son unique fille toujours en vie, vivent désormais.

Le maire (PS), qui avait fait le déplacement avec Ségolène Royal à Jérusalem pour les funérailles des 4 victimes juives d’Amédy Coulibaly, a par ailleurs indiqué qu’une plaque serait apposée et une rue de la ville serait dédiée au Sarcellois Yohan Cohen, l’une des plus jeunes victimes de la prise d’otages meurtrière commise par le terroriste Amedy Coulibaly à l’Hyper Cacher de Vincennes, le 9 janvier.

Lors des attaques djihadistes de janvier à Paris, trois autres Juifs, Yohan Cohen, Michel Saada et Philippe Braham, ont été tués. Il y avait eu en tout 17 morts.

La France abrite la première communauté juive d’Europe, estimée à
550 000 personnes.

En 2014, elle a été le premier pays d’émigration vers Israël avec le départ de plus de 6 600 juifs.

Dans la foulée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait appelé les juifs de France à émigrer en masse vers Israël, leur « foyer », avait-il dit.