Une vingtaine de parlementaires français représentant plusieurs groupes politiques à l’Assemblée nationale se sont interrogés mardi sur le bien-fondé de visites officielles d’élus en Iran, dénonçant le fait qu’elles soient « souvent contrôlés au point d’imposer des restrictions inacceptables aux parlementaires ».

Les membres du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID) se sont réunis mardi afin « d’envoyer un message clair » à leurs collègues, quelques jours après la visite fin avril d’une délégation de sénateurs français en Iran.

« Le CPID s’interroge sérieusement si ces voyages, souvent guidés et contrôlés au point d’imposer des restrictions inacceptables aux parlementaires, correspondent à notre intérêt national, à nos engagements internationaux, et encore, quel message donnons-nous aux Iraniens quotidiennement exposés aux exactions que nous connaissons », s’est interrogé le comité dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre.

La délégation de sénateurs français, qui a notamment rencontré le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et le président du Parlement Ali Larijani, n’a pas pu s’entretenir avec d’anciens prisonniers politiques ou des membres de la société civile, a regretté le sénateur socialiste de la Haute-Saône Jean-Pierre Michel.

« Il nous paraît absolument impossible qu’une délégation de parlementaires français (…) se rende en Iran sans que la question des droits de l’homme ne puisse être abordée et, en particulier, que cette délégation ne puisse rencontrer des victimes (ou parents de victimes), des prisonniers politiques et des opposants de la société civile. Toute autre attitude reviendrait de facto à cautionner les pratiques du régime en place sur le plan des droits de l’homme », a souligné le comité.

Invitée à la conférence, la présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI, opposition en exil), Maryam Radjavi, a appelé les élus à refuser de se laisser instrumentaliser par le régime.

« J’appelle les parlementaires et les chefs d’entreprises à annuler leurs déplacements en Iran, comme beaucoup l’ont déjà fait en Europe parce qu’ils ont refusé d’être utilisés comme une carte blanche pour davantage de crimes », a-t-elle déclaré, selon un communiqué du CNRI.