Des juges d’instruction parisiens vont enquêter sur des actes de harcèlement et de malveillance attribués au hacker franco-israélien Ulcan et ayant notamment visé des journalistes du site d’informations Rue89, a indiqué jeudi à l’AFP une source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert mardi une information judiciaire, notamment pour « violences volontaires », qui est distincte de celle qu’il avait ouverte début août, et qui portait uniquement sur des actes de piratage informatique revendiqués par Ulcan, dont le vrai nom est Grégory Chelli.

Actif depuis plusieurs années sur la toile, ce hacker pro-israélien qui se présentait sur Twitter comme un « militant sioniste » s’est fait connaître du grand public ces derniers mois après une série d’attaques contre le site Rue89 (groupe Le Monde), qui avait publié un portrait qui lui avait déplu, fin juillet.

Ulcan avait visé personnellement le journaliste auteur de l’article, Benoît Le Corre, et le cofondateur de Rue89, Pierre Haski, n’hésitant pas à communiquer sur Twitter leurs informations personnelles et à les harceler au travers de pseudos canulars téléphoniques.

Fin juillet, il avait appelé les parents de Benoît Le Corre, en leur annonçant le décès de leur fils. Quelques jours plus tard, se faisant passer pour le père du journaliste, il avait appelé la police en annonçant avoir tué son épouse et son enfant, provoquant une intervention de la police au domicile familial en pleine nuit.

Pierre Haski a annoncé mercredi sur Rue89, le décès la veille du père du journaliste, qui avait fait un infarctus en août et été plongé dans un coma artificiel.

« En raison d’antécédents familiaux et d’une hyperactivité professionnelle, le père de Benoît était une personne à ‘hauts risques’, selon les médecins », a indiqué M. Haski sur son site. « Mais il est difficile de ne pas faire le lien avec le stress éprouvé les jours précédant cet infarctus ».

Il reviendra aux juges d’enquêter sur le lien éventuel entre les faits de harcèlement et ce décès.

L’information judiciaire a été notamment ouverte des chefs de « violences volontaires avec préméditation », de « dénonciation de crimes et délits imaginaires », d' »usage de données d’identification d’autrui en vue de porter atteinte à sa tranquillité ou son honneur » ou encore de « détention et diffusion de documents portant atteinte à l’intimité de la vie privée », selon la source judiciaire.