Une cinquantaine de responsables religieux musulmans du sud-est de la France ont participé à Avignon mercredi à la première étapes d' »états généraux contre la radicalisation islamiste », proposant plus de concertation entre imams pour lutter contre les dérives.

Cette initiative avait été annoncée au lendemain de l’annonce de l’interpellation de Mehdi Nemmouche, le jeune Français auteur présumé de la tuerie du musée juif de Bruxelles, et alors que des centaines de jeunes ayant grandi en Europe partent en Syrie ou au Mali pour accomplir le « jihad ».

Cette première rencontre d’imans et d’aumoniers musulmans organisée par l’Union des mosquées de France (UMF, l’une des organisations musulmanes, proche du Maroc) sera suivie d’au moins cinq autres rassemblements régionaux dans le sud-ouest, le centre-est, le Nord, l’ouest puis l’est. Puis, une synthèse nationale proposera un plan d’actions à l’automne.

Parmi les pistes évoquées mercredi, figure notamment la création de conseils régionaux, des espaces de réflexion et de formation permettant aux responsables religieux de porter un message commun, notamment lors du prêche du vendredi auquel assistent un million de musulmans chaque semaine, selon le président de l’UMF, Mohammed Moussaoui.

Si l’imam leur dit « vous avez la responsabilité d’être des relais et de veiller autour de vous à ce qu’il n’y ait pas des jeunes perdus » et « sensibilise ce million de personnes à être vigilantes et attentives à ce qui se fait autour d’elles, cela va forcément épargner certains jeunes », a-t-il dit.

Pour atteindre les jeunes tentés par le radicalisme qui ne fréquentent pas les mosquées, M. Moussaoui envisage de créer des partenariats avec les associations sportives, culturelles et de quartier.

« Les musulmans doivent agir pour empêcher cette manière de défigurer l’image de l’islam et des musulmans », a-t-il ajouté.

« On vient de lancer une dynamique, on est conscients qu’on n’a rien résolu mais on a fait un premier pas « , a conclu le président de l’UMF.