France : fermeture de la mosquée d’un influent prédicateur salafiste
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France : fermeture de la mosquée d’un influent prédicateur salafiste

Dirigée par l'imam El Hadi Doudi, la mosquée As Sounna "s'inscrit dans la mouvance islamiste radicale" , a déclaré le préfet de police

La Grande mosquée de Paris. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons)
La Grande mosquée de Paris. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons)

Une mosquée située en plein coeur de Marseille, dans le sud-est de la France, va être fermée pendant six mois à partir de jeudi par les autorités en raison des prêches radicaux de son imam, un influent prédicateur salafiste.

Dirigée par l’imam El Hadi Doudi, la mosquée As Sounna « s’inscrit dans la mouvance islamiste radicale » et est devenu « une référence du salafisme », affirme le préfet de police, dans un arrêté publié lundi et consulté mardi par l’AFP.

Depuis la fin de l’état d’urgence en France, début novembre, deux mosquées, qui avaient déjà été frappées d’interdiction ont été fermées, et trois autres n’ont pas rouvert, selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur.

« En dépit d’une condamnation des attentats survenus en France », les prêches tenus au sein de cette mosquée et parfois diffusés sur internet « légitiment le djihad armé et la mise à mort des auteurs d’adultère et des apostats », ajoute le préfet Olivier de Mazières.

L’imam, qui a été reçu début décembre à la préfecture, a reconnu « avoir produit des écrits qui ont pu inciter à la haine » et que « son discours n’a pas changé depuis 2015 », malgré les attentats jihadistes qui ont frappé la France.

La préfecture souligne par ailleurs que plusieurs fidèles de la mosquée se sont réclamés ces dernières années d’Al-Qaïda ou ont rejoint l’Irak et la Syrie, et que des « messages de haine et de discrimination » tenus dans la mosquée sont relayés dans le quartier et dans ses établissements scolaires.

Sollicité par l’AFP, M. Doudi n’était pas joignable mardi.

« On a attendu longtemps cette décision », a réagi le vice-président du Conseil représentatif du culte musulman (CRCM) dans la région, Abderrahmane Ghoul. L’imam El Hadi Doudi est « le chef spirituel d’une tendance qui appelle à la haine et à la violence », martèle-t-il. « On l’a averti, on a essayé de le convaincre, mais malheureusement il n’écoute pas ».

A la sortie de la prière de la mi-journée, quelques dizaines de fidèles à la barbe fournie et habillés de qamis, les tuniques amples habituellement portées par les salafistes, exprimaient leur amertume.

« C’est de la diffamation! On est contre la violence, l’imam n’a jamais appelé au djihad ou à suivre Daesh », affirme Ahmed Tameur, un Français de 60 ans, membre de l’association qui gère la mosquée.

« On ne fait pas de prosélytisme, et on n’a jamais appelé à la rébellion. (L’imam) Doudi est un rempart » contre les jihadistes, assure de son côté Karim, 25 ans, qui comme plusieurs fidèles se revendique du « salafisme quiétiste », un courant fondamentaliste qui rejette la violence armée.

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