Le nombre d’actes antisémites a doublé en 2014 par rapport à 2013 en France, avec même une augmentation de 130 % des actes avec violences physiques, a annoncé mardi le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

« Ces actes antisémites représentent 51 % des actes racistes commis en France, alors que les juifs ne sont que moins d’1 % de la population française », indique le Crif dans un communiqué.

La communauté juive de France – la première en Europe et la troisième dans le monde après Israël et les Etats-Unis – est estimée à 500 000 à 600 000 personnes.

Le communiqué du Crif intervient peu avant une visite mardi matin du président français François Hollande au Mémorial de la Shoah à Paris où il rendra hommage, en présence d’une centaine de survivants des camps de concentration, aux 76 000 juifs de France déportés sous le régime collaborationniste de Vichy.

Le chef de l’Etat devait ensuite célébrer plus tard dans la journée à Auschwitz le 70e anniversaire de la libération des camps de la mort nazis.

Le Crif note « un accroissement très important et très préoccupant de la violence des actes antisémites », et estime que cette tendance confirme « la persistance, voir le renforcement des préjugés antisémites en France, parfois leur radicalité croissante qui fait qu’on passe de l’insulte à la violence, de la violence au terrorisme ».

L’organe de représentation politique de la communauté juive de France « espère que des mesures puissantes et fortes seront prises dans les domaines de la prévention, la protection et l’éducation » pour endiguer la hausse de ces actes antisémites en France.

Dans la série d’attaques perpétrées par des djihadistes du 7 au 9 janvier, faisant 17 victimes au total dont une policière, la mort de quatre otages juifs dans un supermarché casher après une tuerie à l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo (12 morts) a provoqué un très grand traumatisme au sein de la communauté juive.