Les représentants de la communauté musulmane de France ont appelé jeudi les imams de toutes les mosquées du pays à « condamner avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme » lors de la prière de vendredi, en réponse à l’attentat meurtrier contre le journal Charlie Hebdo.

Dans un communiqué, la plupart des grandes fédérations musulmanes se disent « profondément choquées et attristées par l’assassinat de nos compatriotes journalistes et policiers » et « veulent témoigner de leur solidarité nationale et citoyenne devant l’ampleur de ce drame ».

Les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative de l’islam de France, ainsi que l’UOIF (proche des Frères musulmans) appellent également « les citoyens de confession musulmane à rejoindre massivement la manifestation nationale » prévue dimanche.

Les 3,5 à 5 millions de musulmans de France seront invités à cette occasion à « affirmer leur désir de vivre ensemble en paix dans le respect des valeurs de la République », selon le texte diffusé à la presse à l’issue d’une rencontre de responsables religieux à la Grande mosquée de Paris, où une minute de silence a été observée jeudi à 11H00 GMT, comme dans tout le pays.

Le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie au CFCM, Abdallah Zekri, s’est dit également « inquiet que des actes antimusulmans puissent se commettre ».

Des lieux de culte musulman ont été visés par des tirs d’armes à feu ou d’autres projectiles, mercredi soir au Mans (ouest) et à Port-la-Nouvelle (sud). A Villefranche-sur-Saône (centre-est), une explosion d’origine criminelle s’est produite jeudi matin devant un snack kebab jouxtant la mosquée de la ville.

A Poitiers (centre-ouest), un suspect a été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi après avoir tagué « Mort aux Arabes » sur le grand portail de la mosquée, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette série d’actes criminels intervient au lendemain du plus sanglant attentat survenu en France depuis 50 ans, qui a fait douze morts, dont huit journalistes de Charlie Hebdo et deux policiers, et déclenché une traque effrénée en France pour retrouver deux suspects, deux frères dont un jihadiste connu des services de police français.

« J’ai peur que ces actes s’amplifient dans les jours à venir. On demande à l’Intérieur d’assurer la sécurité. Et on demande à nos personnes d’assurer leur sécurité », a commenté Zekri.