En 2007, la bijouterie de luxe Harry Winston à Paris était braquée par des hommes déguisés en peintres. Un an plus tard, c’était par des malfaiteurs habillés en femmes: le procès d’un des plus importants vols de bijoux au monde s’est ouvert mardi.

Huit hommes sont jugés par les Assises de Paris pour ces deux affaires, un double braquage exceptionnel avec plus de 100 millions d’euros de montres et pièces de joailleries volés.

Ils risquent 30 ans de prison pour six d’entre eux, et la perpétuité pour les deux autres, récidivistes.

Le matin de 6 octobre 2007, quatre malfaiteurs armés et cagoulés, vêtus de combinaisons de travail de peintres, braquaient les membres du personnel d’Harry Winston, luxueux établissement de la célèbre avenue Montaigne fréquenté par une riche clientèle internationale.

Avec la complicité d’un vigile, ils s’étaient introduits la veille par une porte de service dans l’établissement où ils avaient passé la nuit.

Il étaient repartis avec 120 montres et 360 pièces de joaillerie, un butin estimé à plus de 32 millions d’euros.

Un an plus tard, le 4 décembre 2008, quatre hommes dont trois affublés de vêtements féminins et perruques pénétraient dans la boutique, cette fois par l’entrée principale, avec la complicité du même agent de sécurité.

Les malfaiteurs s’emparaient alors de 104 montres et 297 pièces de joaillerie estimées à 71 millions d’euros.

Les Lloyd’s de Londres avaient offert 700 000 euros de récompense pour retrouver les bijoux.

Car si les chiffres du préjudice subi varient de plus ou moins 30 % selon les sources, il s’agit néanmoins de l’un des plus importants vols de bijoux commis dans le monde.

C’est à partir d’un renseignement que les policiers ont remonté la piste des braqueurs et des revendeurs. Certaines pierres, parfois retaillées, ont été écoulées à 25 % de leur valeur en Israël ou sur le marché des diamantaires d’Anvers avec de faux certificats.

Mais après cinq ans d’enquête, 493 pièces restent introuvables.

Les dossiers des deux braquages ont été joints, la procédure ayant montré la participation de certains des mis en cause aux deux affaires.

Parmi les accusés figure un miltirécidiviste, Douadi Yahiaoui, dit « doudou », 50 ans, qui a déjà purgé 23 ans de détention pour des vols et trafics de stupéfiants.

Considéré comme le cerveau des deux casses, il minimise son rôle, se présentant comme un simple intermédiaire. C’est cependant dans son pavillon que les policiers ont mis la main sur la plus grande partie du butin récupéré, dans une cache cimentée dissimulée dans un égout de récupération des eaux pluviales.

Plusieurs membres de sa famille sont également jugés.

Autre personnage clef du dossier, Mouloud Djennad, 39 ans, agent de sécurité chez Harry Winston depuis juin 2007, a reconnu son implication dans les braquages.

Le procès est prévu jusqu’au 27 février.

Le record mondial des butins emportés dans des braquages de bijouteries est détenu par le vol à l’hôtel Carlton de Cannes le 28 juillet 2013 (103 millions d’euros).