Le prochain voyage du pape François en Israël représentera une « pierre angulaire » pour les relations entre catholiques et juifs, et chaque « geste » aura « une influence notable », a estimé l’ambassadeur israélien auprès du Saint-Siège, Zion Evrony.

« Ce sera une nouvelle pierre angulaire d’importance historique, non seulement dans les relations entre Israël et le Saint-Siège, mais aussi entre l’Eglise catholique et le peuple juif », a espéré l’ambassadeur, en s’adressant mardi à un groupe de journalistes à Rome, à onze jours du voyage en Terre Sainte.

Même si la visite sera « courte » — seulement 26 heures en Israël — « tous les gestes du pape auront une influence notable », selon lui.

« Un voyage d’un pape accompagné d’un dirigeant religieux musulman et d’un rabbin (…) aura en Terre sainte un impact fondamental », a-t-il ajouté, commentant la nouveauté absolue que constitue leur présence dans la délégation d’un pape.

Le rabbin de Buenos Aires, Abraham Skorka, vieil ami de Jorge Mario Bergoglio, et Omar Abboud, président de l’Institut du dialogue interreligieux de la capitale argentine, l’accompagnent dans son voyage du 24 au 26 mai.

François « s’était rendu dans une synogogue avant d’être pape, et avait su créer des relations avec la communauté juive » locale, a noté le diplomate, saluant « l’expérience » de Jorge Bergoglio.

Le voyage en Israël a lieu alors que des juifs ultra-orthodoxes se livrent à des actes de vandalisme anti-chrétiens.

Mardi, plusieurs centaines d’entre eux s’étaient rassemblés à proximité du Cénacle à Jérusalem, lieu du dernier repas du Christ, pour réclamer le maintien de la souveraineté israélienne sur ce site disputé où François célébrera une messe.

Les juifs vénèrent ce site qui abriterait la tombe du roi David au rez-de-chaussée du même édifice que le Cénacle, sur le Mont Sion.

Les ultra-orthodoxes accusent le gouvernement israélien de vouloir restituer le Cénacle au Vatican.

Cette question délicate fait partie des négociations en cours entre Israël et le Saint-Siège, qui souhaite récupérer l’usage du lieu, plutôt que la propriété.

En avril dernier, le président Shimon Peres avait affirmé qu’un compromis avait été trouvé sur le Cénacle. Mais aucun accord n’a été officialisé depuis.

M. Evrony, sixième ambassadeur depuis l’établissement de relations diplomatiques en 1994, a affirmé à propos de ce lieu contesté : « Contrairement à ce qui se dit, en Israël il n’existe aucune intention de transférer la propriété de la Tombe de David ou du Cénacle au Vatican ».