Le pape François a appelé dimanche à la fin de la guerre en Syrie et à une « nouvelle page de l’histoire » israélo-palestinienne, lors de son message de Noël « Urbi et orbi », marqué également par la vague d’attentats jihadistes en Europe.

« Il est temps que les armes se taisent définitivement et que la communauté internationale s’emploie activement pour qu’on arrive à une solution négociée » en Syrie, a déclaré au Vatican le chef spirituel de 1,2 milliard de catholiques.

Dans ce pays, où le régime syrien soutenu par la Russie vient de reprendre par la force le contrôle d’Alep, « trop de sang a été versé », a souligné le souverain pontife à propos du conflit vieux de plus de cinq ans.

« Surtout dans la ville d’Alep, théâtre ces dernières semaines d’une des batailles les plus atroces, il est plus que jamais urgent qu’assistance et réconfort soient garantis à la population civile à bout de forces, en respectant le droit humanitaire ».

La communauté catholique d’Alep devait célébrer dans la journée la première messe depuis cinq ans dans la cathédrale maronite Saint-Elie, dans la Vieille ville. Un petit groupe a entrepris de nettoyer l’édifice dévasté et d’y construire une crèche.

« On a tous nos souvenirs ici, on y a célébré nos fêtes et nos joies. On veut transformer les décombres en quelque chose de beau », explique un membre de ce groupe, Bachir Badaoui.

Les forces pro-gouvernementales syriennes avancent dans le quartier  Jisr al-Haj d'Alep lors de l'opération en cours visant à reprendre les zones détenues par les rebelles de la ville, le 14 décembre  2016. (Crédit : AFP/George Ourfalian)

Les forces pro-gouvernementales syriennes avancent dans le quartier Jisr al-Haj d’Alep lors de l’opération en cours visant à reprendre les zones détenues par les rebelles de la ville, le 14 décembre 2016. (Crédit : AFP/George Ourfalian)

Devant des dizaines de milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre de Rome, le pape argentin, 80 ans, a aussi lors de son message « Urbi et orbi » (« à la ville et au monde ») espéré « la paix » en Terre Sainte.

« Qu’Israéliens et Palestiniens aient le courage et la détermination d’écrire une nouvelle page de l’histoire, où haine et vengeance cèdent la place à la volonté de construire ensemble un avenir de compréhension réciproque et d’harmonie », a-t-il ajouté.

Appel à la concorde

Le souverain pontife a également appelé à une « concorde retrouvée » en Irak, Libye et au Yémen, « où les populations pâtissent de la guerre et d’atroces actions terroristes ».

« Paix aux hommes et aux femmes des différentes régions de l’Afrique, particulièrement au Nigéria, où le terrorisme fondamentaliste exploite aussi les enfants pour perpétrer horreur et mort », a aussi dénoncé le pontife argentin.

François a enfin souhaité « la paix » à tous ceux qui ont « perdu un être cher à cause d’actes terroristes », alors qu’un attentat au camion-bélier a fait douze morts le 19 décembre sur un marché de Noël de Berlin. Le terroriste, un Tunisien, a été abattu par la police vendredi à Milan en Italie.

« Paix à qui a perdu un être cher à cause d’actes atroces de terrorisme, qui ont semé peur et mort au coeur de tant de pays et de villes », a déclaré le pape.

Raed Saleh, le président du groupe social démocrate du SPD au Parlement allemand, prie devant l'église du Souvenir de Berlin, au lendemain d'une attaque au camion bélier contre le marché de Noël de la ville qui a fait au moins 12 morts, le 20 décembre 2016. (Crédit : Tobias Shwarz/AFP)

Raed Saleh, le président du groupe social démocrate du SPD au Parlement allemand, prie devant l’église du Souvenir de Berlin, au lendemain d’une attaque au camion bélier contre le marché de Noël de la ville qui a fait au moins 12 morts, le 20 décembre 2016. (Crédit : Tobias Shwarz/AFP)

Dans la capitale allemande, les habitants et touristes ont allumé des bougies ou déposé des fleurs au marché de Noël visé par l’attaque. « C’est vraiment bien qu’il y ait autant de monde et que ce soit encore ouvert », confie Marianne Weile, 56 ans, une touriste danoise.

Samedi soir, à l’occasion de l’homélie de Noël, le pape avait lancé devant 10 000 personnes une pique à la frénésie consumériste qui s’empare de l’Occident en cette période de l’année. « Cette mondanité a pris Noël en otage ! », s’est-il exclamé, en critiquant ceux qui se donnent « du mal pour les cadeaux » en restant « insensibles à celui qui est exclu ».

A Bethléem, 2 500 fidèles palestiniens et étrangers avaient rempli pour la messe de minuit la basilique de la Nativité, bâtie sur la grotte où les chrétiens pensent que le Christ serait né.

L’archevêque Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarche latin de Jérusalem, chef de l’Eglise catholique romaine en Terre Sainte, a réclamé de la compassion pour les réfugiés et la fin des violences qui ensanglantent le Moyen-Orient.

« Les portes fermées, les frontières verrouillées, avant même les choix personnels et politiques, sont une métaphore de la peur qui inévitablement engendre les dynamiques violentes de l’époque présente », a-t-il dit.

A Nazareth dans le nord d’Israël, ville où le Christ aurait passé son enfance, plus de 25 000 personnes ont participé de leur côté aux célébrations de Noël.

Iconostase de l'Eglise de la Nativité, à Bethléem. (Crédit : Antoine Taveneaux, CC BY-SA 3.0, WikiCommons)

Iconostase de l’Eglise de la Nativité, à Bethléem. (Crédit : Antoine Taveneaux, CC BY-SA 3.0, WikiCommons)

Aux Etats-Unis, le président Barack Obama et son épouse Michelle ont adressé leur dernier message de Noël à leurs compatriotes, soulignant les valeurs qui unissent les Américains quelle que soit leur foi, à un moment où leur pays est particulièrement divisé après une campagne présidentielle acerbe ayant conduit à l’élection du populiste Donald Trump.

« L’idée est que nous devons chacun être le protecteur de notre frère, de notre soeur, que nous devons traiter les autres comme nous voudrions être traités », a souligné Mme Obama.