L’ambassadeur américain en Israël David Friedman a salué mardi le rôle de l’administration dans la résolution de l’impasse israélo-jordanienne sur les tensions au mont du Temple et avec le garde israélien de l’ambassade qui a tué deux Jordaniens après que l’un d’eux a essayé de le poignarder avec un tourne-vis.

S’exprimant en tant qu’invité à la Knesset dans un comité dédié aux relations entre les Etats-Unis et Israël, dans sa première visite au Parlement israélien, Friedman a déclaré qu’il a apprécié la possibilité que les Etats-Unis puissent jouer un rôle dans la résolution du conflit, décrivant lundi comme un jour à « 14 » sur une échelle des tensions de 1 à 10.

« Parce que nous avons eu une véritable opportunité de voir comment nos pays travaillent efficacement et de manière proche ; parce que nous avons eu une situation en Jordanie qui aurait potentiellement pu très mal se passer, a-t-il déclaré. Sans fanfare, mais avec beaucoup de travail complexe et des discussions dans les coulisses par des officiels expérimentés et, bien sûr, le Premier ministre [d’Israël] et le roi de Jordanie, nous avons pu calmer très rapidement la situation ».

Après une activité diplomatique très intense tard lundi soir et tôt mardi matin, la Jordanie a accepté de laisser partir le garde même si elle avait auparavant insisté pour qu’il soit entendu par la police et peut-être poursuivi.

Le leader de l'Union sioniste Isaac Herzog, à Jérusalem, le 24 fevrier 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/ Flash 90)

Le leader de l’Union sioniste Isaac Herzog, à Jérusalem, le 24 fevrier 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/ Flash 90)

Quelques heures plus tard, le gouvernement d’Israël a voté pour retirer les détecteurs de métaux et des caméras de surveillance aux entrées du mont du Temple ce qui avait entraîné une vague de violences, même si le matériel avait été installé après une attaque terroriste ayant impliqué l’utilisation d’armes qui avaient été cachées sur le lieu saint.

Dans une critique aimable au président américain Donald Trump, le chef de l’opposition Isaac Herzog a remercié le nouvel ambassadeur pour les efforts de l’administration, mais a conseillé à Washington de s’impliquer plus tôt la prochaine fois qu’il y a une crise majeure dans la région.

« Nous voulons formuler notre gratitude pour l’implication des Etats-Unis et du président Trump dans la récente crise. Comme une recommandation amicale, je pense que parfois l’implication devrait avoir lieu plus tôt. Car quand les choses s’agitent, au final, il y a une fâcheuse tendance à ce que cela finisse par exploser dans la région. Et cela a un prix », a déclaré Herzog de l’Union sioniste.

Répliquant à Herzog, Friedman a déclaré qu’il était « important de faire avancer les choses », mais il a ajouté qu’il a considéré que l’administration a exactement fait cela et qu’elle a « très rapidement calmé la situation ».

Dimanche soir, alors que les tensions entre Israël et la Jordanie étaient très intenses, un officiel de la sécurité israélien travaillant pour l’ambassade israélienne à Amman a été attaqué par un Jordanien de 19 ans qui avait un tourne-vis. Cherchant à se défendre, l’Israélien a abattu l’assaillant et a blessé un deuxième citoyen jordanien, qui est ensuite décédé de ses blessures.

Israël a déclaré que l’officiel de sécurité – seulement identifié comme étant « Ziv » à ce moment – était protégé de tout risque d’arrestation ou d’interrogation selon la Convention de Vienne pour les Relations diplomatiques. Mais les autorités jordaniennes ont initialement refusé de laisser l’Israélien quitter le pays, ce qui renforçait les peurs d’une crise majeure entre Amman et Jérusalem.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec Einat Schlein, ambassadrice d'Israël en Jordanie, et Ziv, l'agent de sécurité blessé lors de l'attentat d'Amman, à Jérusalem, le 25 juillet 201. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec Einat Schlein, ambassadrice d’Israël en Jordanie, et Ziv, l’agent de sécurité blessé lors de l’attentat d’Amman, à Jérusalem, le 25 juillet 201. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec le roi de Jordanie Abdallah II lundi et a envoyé le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, à Amman pour aider à résoudre la crise. Egalement lundi, l’envoyé spécial de Trump, Jason Greenblatt est arrivé dans la région pour aider à trouver un accord. Il a rencontré Netanyahu et s’est ensuite dirigé vers la Jordanie.

Tard lundi soir, l’officier de sécurité israélien est rentré en Israël. Peu après, le cabinet de sécurité a voté pour enlever les détecteurs de métaux du Mont du Temple, une décision que la Jordanie demandait depuis qu’Israël les avaient installés à la suite de l’attaque terroriste du 14 juillet sur le site, l’attaque terroriste avait été menée avec des armes introduites sur le mont du Temple.

Dans ses remarques, Friedman, qui est un Juif pratiquant, a fait référence à la date, soulignant que les Juifs religieux dans le monde célèbrent cette semaine le début du mois d’Av, durant lequel les deux temples juifs de Jérusalem ont été détruits dans l’antiquité.

« Nous devons nous souvenir que la destruction du temple, particulièrement du Deuxième temple a eu lieu le Tisha B’Av et nous savons qu’il a été détruit à cause de la haine gratuite parmi le peuple juif », a-t-il déclaré.

Friedman, dont la dernière apparition publique s’est également focalisée sur l’unité juive plutôt que sur la politique américaine, a poursuivi en racontant la légende du général romain Titus qui se préparait à détruire Jérusalem, mais à qui l’on a dit qu’il n’y avait pas de raisons de se presser parce que les Juifs étaient déjà en train de s’entretuer.

« Alors à cette période de l’année, il est important de reconnaître simplement à quel point il est important, pour le peuple Juif, pour les gens qui soutiennent Israël et pour les personnes qui partagent les valeurs d’Israël et les valeurs des Etats-Unis, de s’écouter et de se respecter les uns les autres pour travailler ensemble », a déclaré Friedman.

A l’événement, organisé par le député Nahman Shai, co-président du groupe pour les relations américano-israéliennes, les législateurs israéliens de tout le spectre politique se sont adressés au nouvel ambassadeur américain, et beaucoup avaient des demandes particulières.

Les députés de droite ont essayé de convaincre Friedman qu’un accord de paix israélo-palestinien n’était pas réaliste et que les Etats-Unis devraient déplacer l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. Leurs collègues plus pacifistes ont exprimé les opinions inverses.

Yael Cohen-Paran, députée de l'Union sioniste. (Crédit : autorisation)

Yael Cohen-Paran, députée de l’Union sioniste. (Crédit : autorisation)

La députée Yael Cohen-Paran (Union Sioniste) a exprimé son appréhension après le départ des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, et le député Oren Hazan s’est plaint qu’il lui a fallu un mois avant de pouvoir faire une visite aux Etats-Unis.

Friedman n’a pas répondu aux commentaires des parlementaires. Il a simplement déclaré à la fin que l’administration Trump reste engagée pour aider à trouver un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

« Je vais réfléchir à tout ce que j’ai entendu, a-t-il déclaré ajoutant qu’il était surpris à quel point le débat avait été civique et respectueux. Peut-être que c’était simplement une bonne journée, je ne sais pas, a-t-il déclaré. Mais j’ai été impressionné ».