Le nouvel ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, a déclaré lors d’une interview publiée mercredi que les États-Unis n’exigeront pas d’Israël qu’il instaure un gel de la construction dans les implantations comme condition préalable aux négociations de paix.

« Nous n’avons aucune exigence en ce qui concerne un gel des implantations », a-t-il déclaré au quotidien Israel Hayom, tout en ajoutant que l’administration Trump ne pense pas que l’arrêt des constructions dans les implantations fera progresser les négociations israélo-palestiniennes.

« Comme vous pouvez le constater, contrairement à ce qui s’est passé en 2009, lorsque la secrétaire [d’État Hillary] Clinton a exigé un gel complet des implantations et [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud] Abbas n’est toujours pas revenu à la table des négociations, nous n’avons aucune exigence en ce qui concerne un gel des implantations et Abbas est prêt à rencontrer le Premier ministre d’Israël sans condition préalable. »

Friedman, qui est officiellement devenu l’ambassadeur des États-Unis dans l’Etat juif après avoir présenté ses lettres de créance au président Reuven Rivlin lors d’une cérémonie à la résidence présidentielle à Jérusalem mardi, a également déclaré que la position de Trump concernant les implantations est « remarquablement différente » de celle de l’ancien président Barack Obama.

« Si vous regardez ce que le président a dit depuis qu’il a pris ses fonctions au sujet des implantations, sa position a été remarquablement différente de celle de l’administration Obama. Il n’est pas venu dire que les implantations constituent un obstacle à la paix ; il n’a pas appelé à un gel des implantations ; il a travaillé pour les Israéliens afin de proposer un accord commun sur la façon dont ils pourraient procéder », a-t-il déclaré.

L'implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les implantations ont longtemps été l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens et une grande partie de la communauté internationale estiment que leur expansion menace la continuité territoriale d’un futur état palestinien.

Lors d’une réunion avec Netanyahu à la Maison Blanche en février, Trump a déclaré : « J’aimerais que vous fassiez preuve de retenue dans les implantations ». Et il avait déclaré à Israël Hayom dans un entretien en février qu’il ne pense pas que les implantations aident le processus de paix et ne considère pas qu’elles soient « une bonne chose pour la paix ».

Les implantations, a déclaré Trump, « n’aident pas le processus ». Il a ajouté : « à chaque fois que vous prenez des terres pour les implantations, il reste moins de terres. Mais nous étudions cela, et nous étudions d’autres options que nous allons envisager. Mais non, je ne suis pas quelqu’un qui pense que l’avancement de ces implantations soit une bonne chose pour la paix. »

Malgré l’opposition déclarée de Trump à la construction de nouvelles implantations, Israël a approuvé quelque 5 500 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem Est depuis l’investiture du président américain en janvier. Cette nouvelle n’a pas suscité de rejet majeur de la part de la Maison Blanche.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

En mars, Israël a accepté d’imposer des restrictions sur la construction de nouvelles implantations, ce qui a été perçu comme un geste pour l’administration Trump après que des négociations de plusieurs mois entre les deux parties n’ont pas permis de parvenir à un accord formel sur la question.

La Maison Blanche avait dit à l’époque qu’elle « saluait » ces limites mais avait averti Israël de ne pas s’engager dans des projets de construction à grande échelle.

Dans le cadre des restrictions, Jérusalem a accepté de ne pas construire de nouveaux établissements ni d’avant-postes, tout en limitant les nouvelles constructions à l’intérieur des implantations existantes. Toutefois, si les limites légales, sécuritaires ou topographiques ne permettent pas de se conformer à ces lignes directrices, de nouvelles maisons seront construites en dehors des limites actuelles des implantations, mais aussi proches que possible.

Peu avant l’annonce de Netanyahu en mars au sujet des nouvelles limitations, destinées à « prendre en considérations les demandes du président américain », le bureau de sécurité avait voté à l’unanimité en faveur d’une nouvelle implantation pour reloger les évacués de l’avant-poste d’Amona, au nord de Ramallah. Cette nouvelle implantation sera la première implantation en Cisjordanie depuis les accords d’Oslo de 1993.

Friedman a déclaré à ce sujet lors de l’interview mercredi que Trump était « conscient que le gouvernement israélien a besoin de remplacer la communauté d’Amona. »

L'implantation d'Ofra, dans le centre de la Cisjordanie, le 17 novembre 2016. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

L’implantation d’Ofra, dans le centre de la Cisjordanie, le 17 novembre 2016. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

En ce qui concerne la visite de Trump en Israël la semaine prochaine, qui s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le président des États-Unis pour relancer les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens et conclure un accord, Friedman a déclaré qu’il ne pense pas que Trump arrivera avec des propositions spécifiques pour redémarrer les négociations.

« Je suis presque sûr que le président ne viendra pas en Israël avec un plan ou une feuille de route particulière ni avec des précisions sur la paix », a-t-il déclaré.

« Je pense qu’il a été clair, ce qu’il veut vraiment pour le moment, c’est que les parties se rencontrent sans condition préalable et entament une discussion qui, espérons-le, mènera à la paix », a-t-il déclaré en ajoutant qu’il ne savait « pas si [Trump] demandera à Israël de faire des concessions ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.