« La mémoire de ces quatre âmes saintes, Francois-Michel, Philippe, Yoav et Yohan sera, à jamais, ancrée dans nos cœurs. Je veux rendre un hommage particulier et remercier ce jeune homme originaire du Mali Lassana Bathily, Musulman, qui a aidé à sauver 7 Juifs, » a déclaré Netanyahu, hier, depuis le magasin HyperCasher de l’Avenue de Vincennes.

Les corps des quatre juifs tués vendredi dernier au cours d’un attentat islamiste et antisémite contre un supermarché casher sont arrivés mardi avant l’aube en Israël pour y être enterrés là où ont été inhumés en 2012 les trois enfants et l’enseignant juifs tués en France par un autre djihadiste, Mohamed Merah, au cimetière de Har Hamenuchot, a-t-on appris de source aéroportuaire.

Aujourd’hui, le Premier minsitre israélien, le président de l’État, des politiciens, des rabbins, des amis, des anonymes sont venus accompagnés les dépouilles de ces victimes du terrorisme et de l’antisémitisme.

Le Times of Israël suit en direct pour vous les événements.

Fin du direct

Les dépouilles arrivent en Israël

Les corps des quatre Juifs français tués dans une attaque djihadiste dans un supermarché casher à Paris sont arrivés en Israël tôt mardi, juste avant l’enterrement à Jérusalem.

Les quatre personnes seront inhumés dans le cimetière de Givat Shaul à Jérusalem à midi.

Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen et François-Michel Saada étaient parmi les 17 personnes abattues à Paris pendant les trois jours d’effusion de sang qui ont secoué la France et envoyé des ondes de choc à travers sa communauté juive, la troisième plus grande communauté juive dans le monde.

Cohen, 22 ans, était un employé du supermarché Hypercacher; Yoav Hattab, 21 ans, était un étudiant d’origine tunisienne et le fils du grand rabbin de Tunis; Phillipe Barham, 45 ans, était dirigeant dans une entreprise informatique, père de quatre enfants et le frère d’un rabbin ; et François-Michel Saada, 64, était un père de deux enfants à la retraite.

Service commémoratif pour Yoav Hattab à Bnei Brak

Conformément à la demande de la famille Hattab, un service distinct est organisé près d’une yeshiva de Bnei Brak pour Yoav Hattab.

Lors d’une allocution à l’extérieur de la yeshiva, le député Eli Yishai indique que les quatre victimes sont mortes alors qu’elles « travaillaient pour honorer le Chabbat ».

« C’est alors que l’odieux terroriste est arrivé, un terroriste qui voulait assassiner les Juifs parce qu’ils sont juifs, et qui a brutalement pris leur vie », poursuit-il.

Plusieurs centaines de personnes assistent à la procession, selon le site ultra-orthodoxe Kikar HaShabat, et qui se poursuivra jusqu’à Jérusalem pour les funérailles conjointes.

La police se prépare pour les funérailles à Jérusalem

La police israélienne demande à ceux qui assistent aux funérailles de prendre les transports en commun pour se rendre au cimetière de Givat Shaul, car les routes sont fermées aux véhicules privés.

La cérémonie débute à l’instant

La France décerne la légion d’honneur à titre posthume aux quatre victimes juives

Philippe Braham, Yohan Cohen, François-Michel Saada et Yoav Hattab, victimes de l’attentat antisémite à la porte de Vincennes, seront décorés de la Légion d’honneur à titre posthume.

Mme Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, 3ème dans le rang protocolaire, remettra la plus haute distinction de la République française à un membre de la famille de chacune des victimes, lors de la cérémonie des obsèques qui se déroulera aujourd’hui à partir de 12h00 à Givat Shaoul.

Un Français détenu en Bulgarie soupçonné de liens avec un des frères Kouachi

Un Français arrêté en Bulgarie le 1er janvier pour avoir tenté de se rendre en Syrie est soupçonné de liens avec Chérif Kouachi, l’un des auteurs de l’attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo, a annoncé la justice bulgare à l’AFP mardi.

Le mandat d’arrêt européen émis par la France à l’encontre de Fritz-Joly Joachin mentionne l’accusation de « participation à un groupe criminel armé dont l’objectif était l’organisation d’actes terroristes », a déclaré Darina Slavova, procureure générale de Haskovo (sud).

« Avant son départ le 30 décembre pour la Turquie, il a été plusieurs fois en contact avec l’un des deux frères, Chérif Kouachi », précise encore le mandat.

M. Joachin, 29 ans, d’origine haïtienne, avait été interpellé avec son enfant le 1er janvier, tandis qu’il tentait de franchir la frontière bulgaro-turque à bord d’un bus.

Le parquet de Haskovo avait indiqué dans un premier temps qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, après que son épouse l’avait accusé de l’enlèvement de leur fils de 3 ans, le 30 décembre, en vue de l’emmener rejoindre des jihadistes en Syrie et de l’éduquer dans les principes de l’islam radical. L’enfant a été rendu entretemps à sa mère.

Le suspect a affirmé qu’il voyageait avec son fils et sa compagne pour passer des vacances à Istanbul. Il a accepté lundi le principe de son extradition. La justice bulgare doit prendre une décision vendredi à ce sujet.

« Les services de police bulgares ont travaillé extrêmement dur ces derniers jours (…). J’espère que tout le réseau, s’il y en avait un, sera mis au jour et que nous pourrons contribuer au travail des autorités françaises », a déclaré le ministre de l’Intérieur bulgare, Veselin Vuchkov, à la radio BNR.

Selon le ministre, « détecter et arrêter les personnes qui traversent la Bulgarie n’est pas un problème ».

En revanche selon lui, « des centaines de citoyens de l’UE, porteurs de papiers parfaitement valides, peuvent facilement traverser le territoire bulgare pour aller combattre avec le groupe Etat Islamique, ou d’autres organisations terroristes, avant de retourner vers leurs pays sans être inquiétés. S’ils ne nous sont pas signalés, il est très difficile de faire quoi que ce soit contre eux. »

La Bulgarie possède une frontière commune avec la Turquie longue de 275 km.

AFP

« Je suis mort parce que je suis juif »

Lors des funérailles, un homme tient une pancarte sur laquelle on peut lire « je suis mort parce que je suis juif, » au-dessus des photos des quatre victimes, alors que les personnes commencent à s’asseoir pour assister à la cérémonie.

Signes de la solidarité

Plusieurs personnes portent des panneaux avec écrit en français « Je suis Juif », « Je suis Israélien » au-dessus des photos des victimes.

Le président et le Premier ministre arrivent aux funérailles

Le Président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, accompagné de son épouse, arrivent à l’enterrement.

Netanyahu serre la main aux familles des victimes et tapote certains d’entre eux doucement sur l’épaule. Le dirigeant travailliste Isaac Herzog le suit.

Les volontaires de ZAKA portent les dépouilles jusqu’au cimetière

Les volontaires de ZAKA en gilets jaunes ont été vus au cimetière transportant les corps des victimes, enveloppés dans des drapeaux d’Israël.

Le rabbin Yossef récite le psaume 150

Le rabbin séfarade d’Israël, Yitzhak Yosef, récite le psaume 150 au début des funérailles

Des milliers de personnes présentes aux funérailles

Plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup de francophones, sont rassemblées dans le cimétière Har HaMenouchot de Givat Shaul à Jérusalem. Les cérémonies qui viennent de débuter, sont présidées par le grand rabbin séfarade, Yitzhak Yosef.

Ségolène Royal est arrivée à 11 heures pour assister aux funérailles. Le premier ministre et le président israélien sont également présents.

Le rabbin Amar récite El Maleh Rahamim

Rabbi Shlomo Amar, ancien grand rabbin séfarade d’Israël, récite la prière funéraire El Maleh Rahamim pour les quatre victimes de l’attaque terroriste.

Un ami de Yoav Hattab lui rend hommage

Nathan Levi, étudiant en géographie, était en Israël au mois de décembre, avec Yoav Hattab, l’une des victimes de l’attentat.

« Il a littéralement adoré Israël où il rêvait de s’installer l’année prochaine pour fuir l’antisémitisme et vivre pleinement son judaïsme. Il m’a beaucoup parlé de la Tunisie où il se sentait plus en sécurité qu’à Paris. Depuis son arrivée en France, il était inquiet pour la sécurité de sa communauté. En Israël, il se sentait libre de brandir le drapeau israélien. »

Les parents allument les torches

Les proches des victimes allument des torches commémoratives en leur mémoire, en compagnie du maire de Jérusalem, Nir Barkat, et directeur de l’Agence juive Natan Sharansky.

La veuve de Philippe Braham Valerie est en larmes pendant sa brève éloge funèbre pour son mari. « Philippe, mon amour, mon cher, était un homme parfait. Comme je l’ai déjà dit, un homme qui pense d’abord et avant tout aux autres et non à lui. Un grand mari et un père qui vit pour ses enfants … je pleure mais je sais que vous pleurez tous avec moi, je vous remercie … Philippe, protège-moi, protège Shirel, Naor, Ella et Raphaël.  »

Sara Netanyahu a ensuite embrassé Valérie.

Le rabbin Hattab allume la torche pour son fils

Netanyahu et Rivlin étreignent chaleureusement Rabbi Beto Hattab, qui allume une torche pour son fils Yoav.

Megane Cohen allume une torche pour son frère Yohan. Elle est accompagnée par le grand rabbin de France et par son oncle.

« Yohan avait 20 ans, il était plein de vie et de joie … sa famille et les amis ont une place chère dans nos cœurs», a déclaré son oncle lors de son éloge.

Rivlin : ce n’est pas la façon dont nous voulions vous accueillir en Israël

Rivlin s’exprime devant la foule réunie aux funérailles. Il salut les dirigeants présents, dont la ministre française Ségolène Royal.

« Chères familles, Yoav, Yohan, Philippe, François-Michel, ce ne est pas la façon dont nous voulions vous accueillir en Israël. Ce ne est pas la façon dont nous voulions que vous arrivez en Terre d’Israël, ce ne est pas la façon dont nous voulions vous voir revenir à la maison, dans l’État d’Israël et à Jérusalem, sa capitale. Ce que nous voulions pour vous est que vous viviez, nous voulions pour vous la vie. »

« Dans les moments comme ceux-ci, je suis devant vous, le cœur brisé, secoué et dans la douleur, et avec moi se dresse une nation entière. »

« Cette attaque est due à la pure haine des Juifs »

Rivlin qualifie l’attaque de « pure haine des Juifs » :

« Chères familles, peuple d’Israël. Philippe Braham, Yoav Hattab, Yohan Cohen et François-Michel Saada, ont été assassinés à la veille du shabbat, dans un supermarché casher à Paris, de sang-froid, parce qu’ils étaient Juifs. Le meurtrier s’est assuré d’être dans un magasin juif, et c’est seulement à ce moment-là, qu’il a décidé de perpétrer le massacre. Ce mal pur, venimeux, nous rappelle le pire de nos souvenirs. C’est la haine pure des Juifs ; odieuse, sombre et préméditée, qui s’abat partout où il y a une vie juive. A Paris, à Jérusalem, à Toulouse, et à Tel-Aviv. A Bruxelles et à Mumbai. Dans les rues et dans les synagogues. Dans les écoles, et au marché local. Dans les gares et dans les musées. »

Le président Reuven Rivlin à la cérémonie du 13 janvier 2015 (Crédit : Capture d'écran)

Le président Reuven Rivlin à la cérémonie du 13 janvier 2015 (Crédit : Capture d’écran)

Rivlin : ne pas nier que les attaques terroristes proviennent de la haine des Juifs

« Il serait dangereux de nier que nous parlons d’antisémitisme. Indépendamment de ce que peuvent être les motivations de ces terroristes, il incombe aux dirigeants européens d’agir et de renforcer les mesures qui permettront le retour d’un sentiment de sécurité pour les Juifs d’Europe ; à Toulouse, à Paris, à Bruxelles ou à Burgas.
Nous ne pouvons pas permettre qu’en en 2015, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs aient encore peur de marcher dans les rues européennes en portant une kippa. Il ne peut être admis de voir de nouveau des actes de vandalisme dans les cimetières juifs, des juifs agressés et des synagogues attaquées. Il ne est plus possible d’ignorer, il n’est plus possible de rester ambiguë, il n’est plus possible d’agir faiblement ou avec clémence contre l’antisémitisme. »

Benjamin Netanyahu prend la parole lors de l’enterrement

« Quatre personnes qui nous sont chères, honnêtes et pleines d’amour qui, comme les victimes de Toulouse qui sont enterrées ici, ont été tuées uniquement parce qu’elles étaient juives. Leurs vies ont été écourtées lors d’une attaque pétrie de haine.
Je dis depuis de nombreuses années et je le répète aujourd’hui : Ce ne sont pas seulement des ennemis du peuple juif, ce sont des ennemis de l’humanité. Il est temps pour les hommes de toutes les cultures de s’unir et de déraciner ces ennemis de notre terre. »

Netanyahu poursuit

« Nous devons nous concentrer sur l’état d’esprit qui existe ici : vous ne nous vaincrez jamais. Il s’agit de la force d’un peuple qui a toujours prévalu et je remercie Dieu, regardez autour de vous, ici, dans les montagnes de Jérusalem, nous avons aujourd’hui notre propre État, un État qui est un phare moral pour le monde – et notre président avait raison de dire : ‘les Juifs ont le droit de vivre dans de nombreux pays et en sécurité, mais je crois qu’ils savent dans leur cœur, qu’il y a un pays qui est leur foyer historique, un État qui sera toujours là pour les accueillir à bras ouverts. Ceci est l’espoir de tout le peuple juif. Que leurs âmes soient chéries. »

Le leader de l’opposition travailliste, Isaac Herzog, s’exprime également lors de la cérémonie

« Une même ligne relie les assassins des quatre Juifs dans le supermarché de Paris et ceux qui ont pénétré dans la synagogue Har Nof et tué nos compatriotes dans leurs châles de prière il y a deux mois. »

«Aujourd’hui, nous sommes tous unis et nous partageons la même conviction: le terrorisme ne gagnera pas, nous ne laisserons pas le terrorisme éteindre notre lumière. »

« Nous sommes fiers d’être Juifs », a-t-il déclaré en français.

Ségolène Royal prend la parole

« Aujourd’hui à Jérusalem, je viens rendre l’hommage de la nation française aux victimes des attentats terroristes et à leurs familles. »

« J’adresse les condoléances les plus sincères de la République française, qui se joint à vous dans ce moment de douleur. »

« La France souffre aujourd’hui comme vous. L’antisémitisme n’a pas sa place en France. C’est aussi ce message que des millions de Français qui étaient dans les rues ce dimanche, ont voulu faire passer. »

Ségolène Royal : il est de notre devoir de protéger les lieux juifs

« Chaque coup subi par un Juif est un coup subi par le peuple français. La France a en son sein la première communauté juive d’Europe. C’est une fierté. […] Il est de notre devoir de protéger les lieux où vit la communauté [juive] dans notre pays. »

La ministre, se lève et remet aux familles des victimes la Légion d’honneur
« Au nom du Président de la République, je vous décore, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yohan Cohen et Yoav Hattab, de l’Ordre de la Légion d’honneur. »

La Hatikva clôture les funérailles

La foule massée dans le cimetière se lève pour chanter la Hatikva, l’hymne national d’Israël.

Les proches des victimes se dirigent vers le lieu de la mise en terre

France: les organisations musulmanes appellent au « calme » avant la sortie de Charlie Hebdo

Les principales organisations musulmanes en France (le Conseil français du culte musulman et l’UOIF proche des Frères musulmans) ont appelé mardi la communauté musulmane « à garder son calme en évitant les réactions émotives », à la veille de la sortie du premier numéro de Charlie Hebdo depuis l’attentat contre l’hebdomadaire.

Le numéro à paraître mercredi représente en Une Mahomet, la larme à l’oeil, tenant une pancarte « Je suis Charlie » comme celles brandies par des millions de personnes qui ont manifesté dimanche pour défendre la liberté d’expression. Le dessin est surmonté du titre « Tout est pardonné », une formule apaisante qui tranche avec la veine souvent féroce du journal.

AFP

Hommage solennel aux « héros » policiers tués à Paris

Le président François Hollande a rendu mardi un hommage solennel aux trois policiers tués en « héros » lors des attentats de la semaine dernière en France, saluant des « symboles » de la République, « morts pour que nous puissions vivre libres ».

Dans une cérémonie grave et émouvante à la préfecture de police de Paris, le président français a décoré à titre posthume les trois policiers – Clarissa Jean-Philippe, Ahmed Merabet et Franck Brinsolaro – de la Légion d’honneur avant de leur rendre un hommage personnalisé devant leurs collègues et leurs familles.

« Cette femme, ces hommes, partageaient une volonté, celle de protéger leurs concitoyens, ils partageaient un idéal, celui de servir la République », a déclaré le chef de l’Etat en saluant « trois policiers, trois parcours, trois visages de la France ».

Clarissa Jean-Philippe, 26 ans, originaire de l’île de la Martinique (Antilles françaises), tuée jeudi d’une balle dans le dos à Montrouge, en banlieue parisienne, est tombée « en martyr », a-t-il dit.

Ahmed Merabet, achevé d’une balle dans la tête par les tueurs de Charlie Hebdo mercredi à Paris, était « un Français de confession musulmane », « très fier de représenter les valeurs de la République, la laïcité » et qui « savait mieux que quiconque que le fanatisme tue des musulmans » partout dans le monde, a souligné François Hollande.

Enfin Franck Brinsolaro, policier chargé de la protection de Charb, le directeur de la publication de Charlie Hebdo, « est mort pour la liberté d’expression, celle qui va jusqu’à l’insolence, jusqu’à l’impertinence », a poursuivi le président français.

« Notre grande et belle France ne rompt jamais, ne cède jamais, ne plie jamais. Elle fait face, elle est debout », a martelé le chef de l’Etat à la fin de son hommage devant les trois cercueils recouverts du drapeau bleu blanc rouge.

A l’issue de cette cérémonie, la Marche funèbre de Chopin a retenti dans la cour de la préfecture, et les familles endeuillées ont marché derrière les cercueils, suivies par le président ainsi que le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, les larmes aux yeux.

AFP

Un ami de la famille Saada affirme que la veuve est « en morceaux »

Gary Buchwald, un ami de la famille Saada qui a accompagné la famille du défunt mardi, raconte à l’AFP l’impact dévastateur que l’attaque a eu sur la famille.

« Sa femme est en morceaux. Ils ont dû littéralement la porter jusqu’à l’avion. Je suis en état de choc comme toute la communauté juive en France « , dit-il.

« Elle ne s’en remettra pas. Ce ne sont pas trois millions de personnes qui marchant dans la rue qui va changer cette réalité: d’autres attaques vont se produire « , poursuit-il.

«Nous n’avons que deux choix: soit nous nous battons ou nous fuyons ».

AFP

« La France doit donner la priorité à la lutte contre le terrorisme »

Plusieurs milliers de personnes, principalement des francophones, jeunes pour la plupart, étaient à l’enterrement. Des cars entiers de jeunes gens sont venus de tout le pays. Le sentiment qui prédominait était de savoir si la France comprenait vraiment l’étendue de la menace terroriste.

Pour Tanya Klein, qui a fait son alyah il y a quatre ans, « la France n’est pas prête à voir la guerre qui existe ». Klein ajoute qu’elle doute fort que les récentes attaques changent quelque chose. « Le fardeau [de la terreur islamique] est déjà en France et ils ont besoin de faire de ce combat une priorité ».

Une autre participante, Carole, a fait son alyah (de France) il y a 30 ans. « C’était très émouvant de voir les marcheurs du dimanche», a déclaré Carole, mais cela s’est fait sur le « moment » et cela n’aura probablement pas, d’après elle, de conséquences.

Renee Ghert-Zand

Les victimes du terrorisme enterrées

Les quatre victimes de l’attaque de la semaine dernière dans un supermarché casher à Paris sont enterrés à Jérusalem, à la suite d’une cérémonie en présence du Premier ministre Netanyahu, Président Rivlin, du leader de l’opposition Herzog et le ministre français de l’Énergie et de l’Environnement Ségolène Royal.

La foule rassemblée en mémoire des victimes

 la foule rassemblée a la mémoire des victimes

la foule rassemblée a la mémoire des victimes

En Tunisie, la communauté juive endeuillée par les attentats à Paris

Incrédule et dévastée, la communauté juive tunisienne porte le deuil de Yoav Hattab, 21 ans, un « enfant de la Tunisie » à l’avenir prometteur selon ses proches, qui a été tué lors de la prise d’otages dans un supermarché casher à Paris.

« La Tunisie a payé un très lourd tribut » dans les attentats sanglants qui ont frappé la capitale française la semaine dernière, dit à l’AFP Jacob Lellouche, restaurateur de La Goulette, banlieue de Tunis où vivent des Juifs tunisiens, et président d’une association culturelle juive.

Car si Yoav était citoyen tunisien, d’autres victimes étaient d’origine tunisienne, comme le célèbre dessinateur Georges Wolinski, l’un des piliers de Charlie Hebdo, la psychiatre et psychanalyste Elsa Cayat, qui tenait une rubrique dans l’hebdomadaire satirique français, ou encore François-Michel Saada, né à Tunis et abattu comme le jeune Hattab par le jihadiste Amedy Coulibaly dans le magasin casher de la porte de Vincennes.

Enterré mardi à Jérusalem, Yoav Hattab était connu de beaucoup des quelque 1.500 membres de la communauté juive tunisienne car il était le fils d’un rabbin, qui est par ailleurs directeur de l’école juive de Tunis. Il était en France pour suivre des études en commerce international.

Il aurait été tué en essayant de se saisir d’une des armes de Amedy Coulibaly, rapporte plusieurs témoins.

Ses proches brossent le portrait d’un jeune homme plein d’entrain et de curiosité.

« C’était quelqu’un de très dynamique. Il y a des gens qui sont spectateurs de leur vie. Lui, il en était acteur », a dit à l’AFP Moché Uzan, 25 ans.

La nouvelle de sa mort a été d’autant plus déchirante que ses proches ont d’abord cru qu’il était sain et sauf.

« On regardait la vidéo des otages libérés et on disait: +lui, c’est Yoav, lui c’est Yoav!+ » avant que ne tombe la mauvaise nouvelle », raconte Moché, la voix étranglée par les larmes.

AFP

Jimmy Carter relie les attaques terroristes de Paris au « problème palestinien »

L’ancien président américain Jimmy Carter a déclaré, lors de l’émission de Jon Stewart « The Daily Show », que « le problème palestinien » était l’une des causes de l’attaque terroriste violente au cours de laquelle quatre Juifs ont été assassinés dans un supermarché de Paris.

Carter répondait à une question de Stewart qui lui demandait si la violence provenait d’autre chose que de l’extrémisme islamique.

« Cela irrite les gens qui sont proches, d’une manière ou une autre,des peuples arabes qui vivent en Cisjordanie et à Gaza.(…) Donc, je pense que cela fait partie du problème », a déclaré Carter.

Le cœur de l’ambassadeur américain « brisé » pendant les funérailles

L’ambassadeur américain Dan Shapiro déclare que « son cœur s’est brisé » lors des funérailles à Jérusalem des quatre Juifs français, victimes du terrorisme.

Les Juifs danois demandent la protection de la police

La principale organisation juive du Danemark a appelé, mardi, à la protection de la police pour sécuriser son école et la synagogue de Copenhague.

« Avec la situation telle qu’elle est, nous sommes persuadés qu’il est très clair que des cibles juives sont une grande priorité pour les terroristes », affirme le vice-président de la Communauté juive du Danemark, Jonathan Fischer, à l’AFP.

AFP

L’Autorité musulmane d’Egypte critique Charlie Hebdo

L’autorité islamique de l’État de l’Egypte a dénoncé mardi la publication prévue d’un autre dessin du prophète Mahomet dans le nouveau numéro du magazine français Charlie Hebdo qu’elle considère comme une provocation .

« Cette action est une provocation injustifiée contre les sentiments de 1,5 milliard de musulmans », a déclaré le Dar al-Ifta dans un communiqué.

AFP

A 14h, seuls 20 % des membres du parti travailliste avaient voté aux primaires

En ce jour où les yeux d’Israël sont rivés sur les funérailles des quatre victimes juives françaises dont les dépouilles ont été transportées pour être enterrées à Jérusalem, les 49 000 membres du parti travailliste se préparaient pour les primaires de leur parti .

Les membres peuvent voter pour 36 candidats dans 76 bureau de vote ouverts à travers le pays. Les bureaux de vote ont ouverts à 10 heures. A 14 heures seuls 20 % des membres avaient déjà voté.

La liste du parti travailliste sera présentée mercredi à 11 heure, et mercredi soir les candidats du parti pour la prochaine Knesset seront présentés au public lors d’un événement officiel au Kibbutz Shfayim.

« On n’empêchera pas un nouvel attentat »

Le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a mis en garde mardi contre le risque de nouveaux attentats et les dangers de la radicalisation dans les prisons, dans un entretien à l’AFP.

« On n’empêchera pas un nouvel attentat (…) Mais on peut essayer d’empêcher le plus possible que cela se produise, sans entrer dans une société totalitaire », a-t-il déclaré, affirmant également que « les prisons sont un incubateur de radicalisation massive ».

« Il faut harmoniser les dispositifs pénaux, mais de grâce, n’envoyons pas tous ceux qui reviennent de Syrie en prison. Il vont encore être plus radicaux et il vont inspirer d’autres », a souligné M. de Kerchove. « Parce qu’on sait combien la figure du vétéran inspire, même si le type faisait la vaisselle en Syrie et n’était pas en première ligne. Il va inventer qu’il était un grand héros, qu’il a décapité dix personnes », a-t-il ajouté.

Il a souligné que les Français Mohammed Merah, auteur d’une série d’assassinats en mars 2012 à Toulouse (France), Mehdi Nemmouche, inculpé pour l’assassinat de quatre personnes au musée juif de Bruxelles en mai 2014, et Amedy Coulibaly, un des trois auteurs des attentats de Paris, « se sont radicalisés en prison ».

« La menace de nouveaux attentats reste sérieuse », a-t-il dit. « Daesh (l’organisation de l’État islamique) veut agir et l’a annoncé. Al-Qaïda est fort dégradé mais veut rester dans la course et se rappeler à notre bon souvenir. Et il y a le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, qui recherche des Européens avec des passeports valides qui pourraient entrer facilement chez nous ou prendre l’avion », a-t-il expliqué.

« Il n’y a pas une solution miracle. C’est en jouant sur la palette de la prévention, de la détection, de la répression et la dimension internationale qu’on va essayer d’éviter le plus possible que cela se répète. Mais l’empêcher, non. On ne l’empêchera pas à 100 % ».

« Il y a malheureusement des armes qui viennent des Balkans, de Libye, qui sont en vente libre et il y a des fous. Quand vous avez un accès facile à la kalachnikov et des fous radicalisés, c’est extrêmement difficile de l’empêcher, mais on peut essayer le plus possible, sans entrer dans une société totalitaire », a-t-il affirmé.

Près de 3.000 Européens sont considérés comme des combattants étrangers enrôlés pour rejoindre les groupes jihadistes en Syrie ou en Irak, et 30% sont rentrés dans les pays de l’UE, selon les données en sa possession. « Il faut rester très très vigilants », a insisté M. de Kerchove.

– AFP