Cent-cinquante Juifs français sont arrivés mardi à Tel Aviv pour commencer une nouvelle vie en Israël, par un vol particulier affrété pour leur alyah et parrainé par le Keren Layedidout.

Les olim (immigrants) sont âgés d’un mois à 77 ans.

Parmi eux, deux familles, englobant trois générations, et 77 enfants au total qui ont embarqué à bord de l’avion.

Parmi eux également, Eva Saban, belle-sœur de Philippe Braham, assassiné lors de l’attentat terroriste du supermarché Hyper Casher à Paris, en 2015.

« Cela faisait un moment qu’on voulait faire notre alyah mais après l’attentat à l’Hyper Casher, nous n’avons plus eu aucun doute. Nous vivons dans la crainte », explique Saban.

« Nos enfants allaient dans une école orthodoxe et dès qu’ils sortaient du bâtiment, ils ôtaient leur kippa de leur tête. Nous n’avons aucune certitude sur ce que nous voulons faire après, mais nous sommes convaincus que [ce départ] était la bonne chose à faire pour les enfants et nous prions Dieu pour que tout se passe bien ».

Les Juifs français dans l'avion qui les amène vivre  en Israël, fuyant l'antisémitisme et le terrorisme, le mardi 18 juillet 2017 (Crédit : IFCJ)

Les Juifs français dans l’avion qui les amène vivre en Israël, fuyant l’antisémitisme et le terrorisme, le mardi 18 juillet 2017 (Crédit : IFCJ)

Un grand nombre de familles ont également déclaré qu’elles partaient en Israël pour offrir à leurs enfants un avenir meilleur et plus sûr.

Environ 80 % des olim, qui sont originaires des banlieues de Paris à forte concentration musulmane, ont déclaré avoir vécu dans un état de tensions et parfois même de persécution, selon eux.

Un grand nombre de ces nouveaux migrants sont issus de la classe moyenne et auront recours aux aides supplémentaires apportées pour l’alyah et l’intégration fournies, entre autres, par l’IFCJ.

Les olim prévoient de s’installer à travers tout le pays, notamment à Netanya, Ashdod, Ariel, Hadera, Haifa, Jérusalem, Modiin Ilit, Raanana, et à Tel Aviv, bien que la majorité s’établisse finalement à Ashdod et à Netanya.

Les olim d’aujourd’hui rejoindront les 1 248 autres Juifs français qui se sont installés en Israël avec l’aide du Keren Layedidout depuis que l’organisation a commencé à étendre ses propres activités d’immigration en Israël à la fin de l’année 2014.

D’ici la fin de l’année, le Keren Layedidout prévoit de faire venir en Israël 5 000 olim en provenance de 15 pays où les Juifs sont menacés par l’antisémitisme, le terrorisme ou les difficultés économiques.

« L’alyah a toujours été – et est encore – un facteur déterminant au sein de la société israélienne. Les olim qui ont fait leur alyah depuis la France ont vécu des incidents de haine terribles pour une seule raison, simplement parce qu’ils étaient juifs », a commenté le rabbin Yechiel Eckstein, président du Keren Layedidout.