Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a confirmé mardi qu’Israël était à l’origine des frappes aériennes qui ont ciblé dans la nuit de lundi à mardi une base militaire syrienne dans la périphérie de Damas.

« Premièrement, je voudrais féliciter l’armée de l’air pour son attaque réussie en Syrie », a-t-il déclaré au début d’une interview accordée à Ynet.

« Je pense que ces mesures en Syrie sont extrêmement importantes sur le plan militaire, parce qu’en fin de compte, la Syrie, ou devrais-je dire le Hezbollah, l’Iran et la Syrie, représentent une menace pour nous, notamment lorsqu’il s’agit de missiles. »

Depuis des années, Israël serait à l’origine de frappes aériennes contre des systèmes d’armes en Syrie, notamment contre des missiles antiaériens fabriqués en Russie, et des missiles iraniens, ainsi que des positions du Hezbollah, mais confirme rarement ses opérations.

Par ailleurs des images satellite publiées lundi montrent les conséquences d’une supposée frappe israélienne sur une base militaire iranienne construite en Syrie, à quelque 50 km de la frontière nord d’Israël, à savoir plusieurs bâtiments détruits.

Les images, fournies par l’entreprise israélienne de satellite, ImageSat International [ISI], montrent que sept bâtisses ont été détruites sur la base al-Qiswah, à environ 13 km au sud de la capitale syrienne Damas. Trios autres bâtiments ont été endommagés. La plupart des bâtiments semblent être des casernes et des ateliers.

Les photos ont été prises lundi après-midi par le satellite israélien EROS-B, aux dires d’ISI.

Image satellite montrant le résultat d’une supposée frappe aérienne israélienne sur une base iranienne établie en-dehors de Damas, entre le 16 novembre et le 4 décembre 2017 (Crédit : ImageSat International ISI)

Dans la nuit de vendredi à samedi, de nombreux organes de presse arabes ont indiqué qu’Israël avec tiré plusieurs missiles sur la base.

Image satellite montrant le résultat d’une supposée frappe aérienne israélienne sur une base iranienne établie en-dehors de Damas, entre le 16 novembre et le 4 décembre 2017 (Crédit : ImageSat International ISI)

Les médias gouvernementaux syriens ont rapporté que l’armée de l’air syrienne avait intercepté au moins deux missiles israéliens tirés sur une « position militaire » de l’État dans la province de Damas, mais que l’attaque avait néanmoins provoqué des dommages.

Selon Sky News en arabe, les missiles ont été tirés depuis l’espace aérien libanais.

Des médias arabes affirment que 12 militaires iraniens ont été tués lors de cette frappe.

Il n’y a pas eu de commentaire officiel israélien.

Image satellite montrant le résultat d’une supposée frappe aérienne israélienne sur une base iranienne établie en-dehors de Damas, 4 décembre 2017 (Crédit : ImageSat International ISI)

Un réseau d’information libanais affilié au groupe terroriste Hezbollah a prétendu que lors de l’attaque, Israël a tiré sur la base deux missiles sol-sol Jericho 1, et que l’un d’eux a été intercepté par le système de défense aérienne russe Pantsir-S1.

Si cela était avéré, ce serait la première opération connue faisant usage de missiles balistiques Jericho 1. Cependant, c’est une bien étrange déclaration quand on sait qu’Israël possède plusieurs autres types de missiles plus adaptés à la portée nécessaire pour une telle frappe, les missiles LORA par exemple.

Image satellite montrant le résultat d’une supposée frappe aérienne israélienne sur une base iranienne établie en-dehors de Damas, 16 novembre 2017 (Crédit : ImageSat International ISI)

La construction de la supposée base iranienne a été mentionnée pour la première fois par la BBC le mois dernier, qui citait des fonctionnaires des services de renseignement occidentaux.

« Les images de la base ne montrent ni de grandes quantités d’armes, ni des armes non conventionnelles, ce qui signifie que si c’était bien une base, ce devait être plus probablement des bâtiments pour les soldats et les véhicules, » déclare la BBC, citant une source selon laquelle il est possible que des militaires iraniens de haut-rang aient pu visiter la base ces derniers mois.

Les images de la base diffusées par la BBC montrent « une série de deux dizaines de bâtiments larges et bas ressemblant à des bâtiments pour soldats et véhicules ».

Image satellite montrant le résultat d’une supposée frappe aérienne israélienne sur une base iranienne établie en-dehors de Damas, 16 novembre 2017 (Crédit : ImageSat International ISI)

Selon Intelli Times, un blog israélien d’analyse militaire, les lance-roquettes vues sur les images et acheminées par des jeeps et des camions sont typiques de celles utilisées par les milices chiites soutenues par l’Iran.

Quelques jours plus tard, ImageSat International a pris des photos du site, toujours avec le satellite EROS-B, qui vont dans le sens des déclarations de la BBC.

Ces images satellite laissent à penser que l’un des bâtiments de la base est une mosquée. Si tel est le cas, et selon un service de renseignement israélien, cela indiquerait la présence d’Iraniens ou d’autres musulmans étrangers.

Image satellite montrant le résultat d’une supposée frappe aérienne israélienne sur une base iranienne établie en-dehors de Damas, 16 novembre 2017 (Crédit : ImageSat International ISI)

Toutefois, ISI insiste sur le fait que l’affirmation selon laquelle le site aurait été utilisé par des Iraniens provient de médias étrangers, et que les images seules ne prouvent pas nécessairement la présence iranienne.