Le Parti travailliste a approuvé jeudi une série de révisions de sa charte proposée par son nouveau président, Avi Gabbay, qui donnent au nouveau chef des pouvoirs élargis et lui permettent de réserver quatre places pour les candidats de son choix sur la liste de la formation à la Knesset.

Lors d’une réunion à Tel Aviv, les membres du Parti travailliste ont voté à une très forte majorité en faveur de tous les amendements introduits par leur nouveau chef, qui s’est positionné en challenger du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections générales, prévues – pour l’instant – en novembre 2019.

Prenant la parole lors de la convention, Gabbay a imploré les membres du parti d’apporter leur soutien à ces changements.

« Si nous ne pouvons pas créer l’unité au sein de notre parti, l’opinion publique ne pourra pas croire que nous pourrons apporter l’unité à Israël », a déclaré Gabbay, se référant à la formation travailliste qui a longtemps été en proie à des divisions internes. « Si nous ne sommes pas capables de changer, pourquoi l’opinion publique devrait-elle croire que nous pouvons changer le pays ? »

Avi Gabbay lors d'une conférence de presse le 11 juillet 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Avi Gabbay lors d’une conférence de presse le 11 juillet 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Sur les quatre candidats que Gabbay peut nommer, deux pourront figurer parmi les dix premiers et les deux autres entre la dixième et la trentième place de la liste. Les candidats ne devront pas être nécessairement membres du Parti travailliste dès leur sélection, stipule l’amendement, pas plus qu’ils n’auront l’obligation de s’être déjà portés candidats lors des primaires du parti.

Ces conditions donnent à Gabbay – nouveau venu lui-même au sein de la formation et ancien ministre du parti Koulanou de centre-droit – la liberté de faire entrer des candidats de renom au sein du parti.

Parmi les rumeurs, l’entrée – ou le retour – en politique des anciens chefs d’Etat-major Gabi Ashkenazi et Benny Gantz, ainsi que de l’ex-Premier ministre et ancien chef des travaillistes Ehud Barak, même si ces spéculations ont
depuis été démenties par les intéressés. L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a également annoncé qu’il défierait Netanyahu.

Un autre amendement donne à Gabbay le plein contrôle du budget et des affaires économiques du parti, ce qui lui permettra de donner le ton de la prochaine campagne politique de la formation. De plus, si les travaillistes devaient l’emporter lors des prochaines élections et qu’ils devaient former un gouvernement, le chef de la formation sera le seul responsable de la nomination des ministres, après avoir consulté les autres responsables.

Un autre changement – dont l’objectif est d’ancrer le contrôle de Gabbay sur les affaires parlementaires de la Knesset, lui-même n’étant pas député en place – lui donne l’autorité de nommer le président du groupe parlementaire ainsi que les présidents et les membres de commission au sein du parlement. Les changements à la charte comprennent aussi de nouvelles exigences de transparence sur les dépenses et réclament la formation d’organismes de campagne électorale variés dans le parti.