Avi Gabbay, le dirigeant du Parti travailliste, a déclaré samedi que le projet dévoilé deux jours avant par la ministre de la Justice Ayelet Shaked et le ministre de l’Education Naftali Bennett, tous du parti nationaliste HaBayit HaYehudi, pour renforcer les lois constitutionnelles d’Israël aux dépens de la Cour suprême allait mener à la destruction de l’indépendance du système judiciaire.

Lors d’un évènement organisé à Petah Tikva, le dirigeant du plus grand parti d’opposition a déclaré que cette initiative, qui permettrait au Parlement d’Israël de contourner la Haute cour de Justice et la Cour suprême où cas où les juges annuleraient une loi votée par la Knesset, allait « détruire la base de l’indépendance du système judiciaire et transformer [la Cour] en organe de calculs politiques. »

Gabbay a déclaré qu’il s’opposerait à cette mesure, proposée par un partenaire crucial de la coalition gouvernementale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et a indiqué qu’il pensait que le Premier ministre s’y opposerait également.

Au contraire, Eli Cohen, ministre de l’Economie du parti Koulanou, a déclaré samedi que le projet de loi n’allait pas affaiblir la Cour suprême mais en fait la renforcer en délimitant clairement la séparation des pouvoirs.

Le ministre de l'Économie et de l'Industrie Eli Cohen lors de 14ème conférence annuelle du groupe 'Besheva' ,le 13 février 2017. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Économie et de l’Industrie Eli Cohen lors de la 14ème conférence annuelle du groupe ‘Besheva’ ,le 13 février 2017. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

« [Nous] devons préserver l’indépendance du système judiciaire d’Israël, et la Loi fondamentale sur la législation ne contredit pas cela. Au contraire, elle va déterminer la séparation des pouvoirs », a dit Cohen depuis Raanana, selon le site d’information Walla.

« [Nous] devons autoriser une clause pour dépasser les décisions de la Cour dans le cas d’un vaste consensus national », a-t-il ajouté.

Moshe Kahlon, ministre des Finances et président du parti Koulanou, avait dit autrefois que son parti ne soutiendrait aucune législation qui restreindrait l’autorité de la Cour suprême.

Kahlon, dont les 10 députés sont nécessaires à la coalition pour adopter une législation, ne s’est pas encore exprimé sur la proposition de Shaked et Bennett.

D’autre part, Gabbay a également parlé samedi des enquêtes sur des faits de corruption présumés entourant Netanyahu, affirmant que la corruption a « blessé notre fierté nationale », et que, autour de ces accusations, l’on trouvait « une culture politique dangereuse qui nuit à l’unité nationale. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec son directeur de cabinet Ari Harow, à la Knesset, le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec son directeur de cabinet Ari Harow, à la Knesset, le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Quand les personnes les plus proches du Premier ministre deviennent témoin de l’accusation, c’est un coup porté à la fierté de l’Etat d’Israël », a-t-il dit.

Il faisait notamment référence à Ari Harow, ancien directeur de cabinet de Netanyahu devenu témoin de l’accusation dans le cadre d’au moins l’une des enquêtes contre le Premier ministre.