Gabbay : Netanyahu est « faible » dans sa lutte contre le Hamas
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Gabbay : Netanyahu est « faible » dans sa lutte contre le Hamas

Face à la recrudescence de tirs de roquettes depuis Gaza, les chefs de l'opposition appellent à une réaction plus virulente

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

.Avi Gabbay, chef de l'Union sioniste, à la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 18 décembre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
.Avi Gabbay, chef de l'Union sioniste, à la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 18 décembre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ce lundi, les chefs de l’opposition ont réagi à la réponse du gouvernement face à la recrudescence de tirs de roquette depuis la bande de Gaza. Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « faiblesse » et le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid a appelé à une réaction plus vigoureuse face au Hamas.

Le chef du parti Yesh Atid a également fustigé la « lâcheté morale » de la réaction du gouvernement face à une décision sur la restitution des corps des terroristes palestiniens.

« Le Premier ministre est faible face au Hamas », a déclaré Gabbay lors de la réunion hebdomadaire de l’Union sioniste à la Knesset. « Depuis deux semaines, ils tirent sur nos citoyens et on ne l’entend pas. »

Quelques heures auparavant, l’armée israélienne a mené une série de frappes contre des cibles du Hamas à Gaza, dans la nuit de dimanche à lundi, selon l’armée, en représailles au ballet de roquettes tirées vers Israël depuis l’enclave palestinienne.

Ces réprésailles s’incrivent dans le contexte d’une recrudescence sévère des tirs de roquette au cours des deux dernières semaines. Un tir a notamment endommagé une école maternelle vide de Sderot la semaine dernière. Un certain nombre de roquettes ont été interceptées par le dispositif du Dôme de Fer, ce qui permet d’affirmer qu’elles prenaient la direction de zones densément peuplées.

C’est la plus importante série de tirs de roquettes depuis la bande de Gaza depuis la guerre en 2014. Selon les évaluations israéliennes, ces roquettes ne sont pas lancées par le Hamas, mais par d’autres groupes terroristes présents dans l’enclave. Cependant, les analystes ont souligné que le Hamas ne souhaite pas, ou n’est pas en mesure de sévir contre ces groupes. Israël tient le groupe terroriste de Gaza pour responsable de tous les tirs émanant de l’enclave.

« Quand le Hamas voit que le Premier ministre ne réagit pas, qu’est-ce qu’il est supposé comprendre ? » s’est interrogé Gabbay. « Que nous acceptons la situation. En 2009, quand il était dans l’opposition, Netanyahu disait qu’il ‘écraserait’ le Hamas. »

« Et ce n’est pas comme si le Premier ministre n’avait pas le temps », a déploré Gabbay, qui s’est mis en tête de remplacer Netanyahu aux prochaines élections. « Hier, nous l’avons entendu parler du bitcoin en long en large et en travers. Mais il n’a pas trouvé le temps pour parler des centaines de milliers d’Israël sous les tirs. »

Gabbay s’en est aussi pris au ministre de la Défense Avigdor Liberman, ridiculisant à la fois ses qualifications militaires et son évaluation de la situation. Ce dernier avait déclaré que les tirs de roquettes résultaient d’un affrontement entre factions palestiniennes dans la bande de Gaza.

Liberman s’était exprimé depuis la ville de Sderot, dans le sud du pays. Il a déclaré que les tirs de roquettes étaient la conséquence de dissensions internes aux Palestiniens, et n’indiquaient aucunement que des groupes terroristes n’avaient plus peur d’Israël.

« Les récents tirs depuis Gaza sur Sderot n’ont rien à voir avec la dissuasion israélienne, mais [est le résultat] de conflits palestiniens internes entre les différents groupes et factions », a-t-il dit.

« Nous avons besoin d’un ministre de la Défense, pas d’un expert militaire », a déclaré Gabbay lundi. « Quand je remplacerais le gouvernement, le ministre de la Défense sera un professionnel qui sera apte à faire ce travail. »

À la réunion du parti Yesh Atid, Yair Lapid a également indiqué qu’il était en faveur d’une réponse militaire plus ferme.

« L’État d’Israël ne peut pas se permettre, à nouveaux, d’établir des lignes rouges pour nos ennemis et de ne pas s’y tenir ensuite », a déclaré Lapid. « C’est ce qui s’est passé avec l’implantation iranienne en Syrie. C’est ce qui se passe aujourd’hui à Gaza. Nous sommes une puissance régionale, le Hamas ne peut pas nous provoquer sans [voir] de réaction ferme. »

Lapid a également fustigé le cabinet de sécurité pour sa réaction à l’ultimatum posé par la Cour suprême de Justice la semaine dernière, qui demande l’adoption d’une loi régulant la restitution des corps de terroristes palestinien comme monnaie d’échange.

Le cabinet espérait éviter de mettre en place un nouveau projet de loi et a demandé une audience supplémentaire, sur la recommandation du procureur général Avichai Mandelblit.

« La décision du cabinet [de sécurité] sur la rétention des corps des terroristes est un mélange de lâcheté morale et d’irresponsabilité opérationnelle », a clamé Lapid. « Au lieu de renvoyer l’affaire à la Cour suprême, le gouvernement devrait simplement faire son travail et soumettre un projet de loi. »

Avi Gabbay, chef du parti Yesh Atid, à la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 18 décembre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Lapid a ajouté que si le projet de loi était « responsable », son parti le soutiendrait.

« Ils préfèrent se battre contre la justice israélienne que se battre contre le terrorisme islamique », a-t-il dit au sujet du gouvernement.

La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni a également critiqué le gouvernement en accusant Netanyahu et Liberman de donner leur soutien à un projet de loi controversé, nommément le projet de loi sur l’État-nation juif, et celui de la peine de mort pour les terroriste, pour compenser leurs « échecs » sécuritaires.

« Quand Netanyahu et Liberman échouent dans le domaine de la sécurité, ils se cachent derrière le nationalisme et le populisme », a-t-elle dit.

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