Avi Gabbay, le responsable du Parti travailliste, a dit lundi à la Deuxième chaîne qu’il n’était pas nécessaire d’évacuer les implantations de Cisjordanie dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens. Cette déclaration augure d’un virage à droite serré pour le nouveau chef de la faction pacifique de la politique israélienne.

« Je n’évacuerais pas les implantations dans le cadre d’un accord », a-t-il dit dans un extrait de l’interview, qui doit être diffusé mardi. « Si vous passez un accord, vous pouvez trouver des solutions qui ne comprennent pas l’évacuation. »

Quand cela lui a été dit qu’il n’était pas réaliste sur la conclusion d’un accord de paix avec les Palestiniens, il a répondu brusquement qu’au moins il essayait, ajoutant que ceux qui sont d’accord avec la méthode du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour dire qu’un accord de paix n’a aucune chance, pouvaient voter pour lui.

Les implantations israéliennes de Cisjordanie sont construites sur des terres que les Palestiniens revendiquent pour leur état, et démanteler les implantations est une demande fondamentale des Palestiniens. Netanyahu a joué avec l’idée de laisser les implantations en place si Israël se retirait de la Cisjordanie, mais n’a jamais détaillé ce projet, et beaucoup ne considèrent pas qu’il s’agisse d’une proposition sérieuse.

Le président du Parti travailliste, Avi Gabbay, à gauche, et le président de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett, lors d'un débat dirigé par Sarah Beck, au centre, dans l'implantation d'Efrat, en Cisjordanie, le 31 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Le président du Parti travailliste, Avi Gabbay, à gauche, et le président de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett, lors d’un débat dirigé par Sarah Beck, au centre, dans l’implantation d’Efrat, en Cisjordanie, le 31 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Les députés de l’opposition se sont cependant distanciés des propos de Gabbay.

Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, a affirmé que les déclarations de Gabbay reflétaient son opinion personnelle, et pas la position de son parti, Hatnua, ni de l’Union sioniste, groupe parlementaire formé par Hatnua et le Parti travailliste.

« L’opposition à l’évacuation des implantations n’est pas la position de l’Union sioniste », a-t-elle déclaré, selon la Deuxième chaîne. »

« Nous devons nous séparer des Palestiniens », a dit le député de l’Union sioniste Nachman Shai sur Twitter. « Nous devons évacuer les implantations, malgré la peine et la douleur. »

Le député de l'Union sioniste Itzik Shmuli à Tel-Aviv, le 14 décembre 2014. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Le député de l’Union sioniste Itzik Shmuli à Tel-Aviv, le 14 décembre 2014. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Itzik Shmuli, lui aussi député de l’Union sioniste, a indiqué que la solution à deux états était « dans notre propre intérêt existentiel », et qu’elle nécessiterait des concessions « douloureuses » de la part d’Israël.

« Sinon, ma génération devra choisir entre une dictature juive et un état arabe. »

Ksenia Svtelova, députée de l’Union sioniste, a déclaré que « seule un accord politique et une séparation des Palestiniens garantiront l’existence d’un Etat juif et démocratique », et le député Zouheir Bahloul a exprimé « son regret et son choc suite aux propos du dirigeant élu du camp de la paix. »

Gabbay, nouveau venu en politique, a réussi à prendre la tête du premier parti de l’opposition alors qu’il avait été ministre non député du gouvernement de Netanyahu. Pendant la campagne pour la tête du parti, il est resté proche de la ligne du parti en soutenant uniquement les grands blocs d’implantations, qui devraient rester en Israël dans le cadre d’un futur accord comprenant des échanges de territoires.

Il a appelé Israël à investir dans les villes situées sur le territoire israélien reconnu internationalement et non dans les implantations, sous le slogan « Dimona, pas Amona », en faisant référence à un avant-poste illégal démantelé.

Samedi, Gabbay avait fait les gros titres en affirmant qu’il ne proposerait pas à la Liste arabe unie de siéger dans un gouvernement qu’il dirigerait.