Au milieu de fortes tensions après son appel aux chrétiens arabophones de servir dans l’armée israélienne et les nouvelles contradictoires concernant son remplacement à la tête de l’Eglise orthodoxe grecque à Yafia, le père Gabriel Naddaf a nié avoir été démis de sa fonction.

« Il n’y a pas eu de renvoi », a-t-il écrit au Times of Israel dans un message. « L’annonce a été formulée à la seule discrétion du porte-parole. »

Un renvoi de son poste nécessiterait une notification formelle qu’il n’a pas reçue. Le porte-parole, Issa Missleh, un Palestinien de Beit Sahur près de Bethléem, a fait une déclaration mardi soir, annonçant que le prêtre quittait son service.

« Le père Gabriel Naddaf qui appelle à l’engagement dans Tsahal des fils des sectes chrétiennes, ne représente personne d’autre que lui-même, selon un rapport de Walla news.

Il a continué : « Le Patriarche Theophilos a décidé de décharger le père Naddaf de toutes ses responsabilités dans l’Eglise et l’a démis de sa position à la tête de l’Eglise orthodoxe grecque à Jaffa. »

La députée Miri Regev (du Likud), chef de la commission de la Knesset pour l’intérieur et l’environnement, a envoyé à Naddaf une lettre officielle la soirée suivante l’informant que l’annonce était fausse.

« Je voudrais vous informer que tout cela n’est pas exact, et cela après que le chef des sectes non juives du département du ministère de l’Intérieur, Yaakov Salame, a rencontré le patriarche, après que je lui ai demandé de vérifier l’authenticité des précédentes publications », a-t-elle écrit.

Jeudi, on a annoncé que l’Eglise orthodoxe grecque en Terre sainte avait démis de ses fonctions Naddaf, qui a publiquement soutenu le service dans l’armée israélienne des Arabes chrétiens.

Le porte-parole de l’Eglise Issa Musleh a déclaré à l’AFP que les autorités ecclésiastiques ont décidé mardi de licencier Naddaf de son poste de la ville traditionnelle de l’enfance de Jésus à Nazareth, mais annonçaient publiquement leur décision seulement maintenant.

« Nous l’avions informé auparavant de garder ses devoirs de réserves en tant que prêtre et de ne pas interférer dans les affaires de l’armée », a déclaré Musleh.

« Lorsqu’il n’a pas respecté notre avertissement, nous avons organisé une rencontre du tribunal de l’Eglise qui a décidé de le virer. »

Il a affirmé qu’aucune notification écrite n’avait été donnée à Naddaf.

« Nous l’annonçons maintenant », a-t-il déclaré.

Naddaf a affirmé à l’AFP qu’il n’avait reçu aucune notification officielle de sa mise à pied et a donc rejeté les nouvelles de son renvoi comme des spéculations des médias.

« La procédure pour renvoyer un prêtre est de l’inviter dans le bureau du patriarche où le secrétaire du patriarche lui donnera une lettre de renvoi », a-t-il expliqué.

« Je n’ai reçu ni appel ni lettre du bureau du patriarche. »

Le mois dernier, Israël a déclaré qu’il commencerait à envoyer des documents d’incorporation à tous les chrétiens arabes en âge de servir militairement, provoquant la colère des législateurs arabes qui ont accusé le gouvernement de chercher à diviser les chrétiens et les musulmans.

Le service ne serait pas obligatoire pour les 130 000 Arabes chrétiens comme il l’est pour les juifs, a déclaré un porte-parole de l’armée.

Aujourd’hui, environ 100 Arabes chrétiens se portent volontaires pour le service militaire chaque année.

Les plus d’1,3 million d’Arabes musulmans ayant la citoyenneté israélienne ne recevront pas leurs documents, a déclaré le porte-parole.

Naddaf a accueilli avec satisfaction la démarche de l’armée.

« Les jeunes gens de la communauté chrétienne doivent comprendre l’importance du service et de l’implication dans le pays où ils vivent et qui les protège, et dans lequel nous sommes des citoyens à part entière », a-t-il déclaré le mois dernier.