« Gainsbourg réalisera probablement la séparation des âges de la musique, » écrivait Boris Vian avec une certaine prescience. « D’ici à peu d’années, je suppose, ajoutait-il, on dira pour confirmer la différence, avant que vienne Gainsbourg et après que Gainsbourg est venu. La chanson avec Serge entre dans un autre siècle : je le crois avec conviction ».

Et pourtant, à la fin des années 50, la jeunesse préfère l’optimiste des yéyés – dont Serge Gainsbourg se moquera gentiment dans une chanson et lui opposera son élégance de gentleman, épris de luxe – au pessimisme doux-amer, et parfois provocateur à mi-mots, qui habite ses chansons, rappelle France Inter qui lui consacre une fiction.

Elle commence rue Paul Doumer, dans l’appartement de Brigitte Bardot, alors que celle-ci fait faux bond à son mari légitime et que, dans la rue les paparazzis sont en embuscade…

Fils d’immigrants juifs russes, Gainsbourg qui confessera être « né sous une bonne étoile jaune » avait, à la demande de l’attaché culturel de l’ambassade d’Israël en France de l’époque, écrit une chanson intitulée « Le Sable et le Soldat » en 1967 au moment de la guerre des Six jours.