Yoav Galant, un ancien général de Tsahal candidat à la Knesset dans le parti centriste Koulanu, accuse samedi le gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir totalement ignoré la menace des tunnels du Hamas dans la bande de Gaza jusqu’à l’opération Bordure protectrice l’été dernier.

Quelque 30 tunnels creusés sous la bande de Gaza en territoire israélien ont été mis au jour et démolis pendant la guerre. L’un menait vers un réfectoire d’un kibboutz, l’autre vers un jardin d’enfants de l’une des communautés limitrophes de l’enclave palestinienne. Certains tunnels ont également été utilisés pour tendre une embuscade et attaquer les soldats de Tsahal pendant la guerre.

« Quand il y a des tunnels, le gouvernement est courant, et le ministre de la Défense est au courant, et personne n’a fait quoi que ce soit, et c’est inacceptable », a déclaré Galant à un événement culturel à Beersheba, selon Ynet.

« Quelque 30 tunnels n’ont pas été construits en un jour. Après l’opération Plomb durci [en 2008-2009], il n’y avait pas de tunnels. C’est de la négligence. L’Etat d’Israël a simplement permis [la construction] de 30 tunnels et pour moi, c’est inacceptable », a-t-il scandé.

Pour Galant, ancien candidat au poste de chef d’état-major de Tsahal, le prochain cycle de violence avec le Hamas aura probablement lieu dans les quatre prochaines années et l’opinion publique israélienne est induite en erreur sur la situation à Gaza.

« Le public pense [qu’il s’agit de choisir] entre une longue et une coûteuse guerre – [avec des pertes minimales de notre côté] et des résultats très peu efficaces – et des rivières de sang », dit-il.

Galant, chef du commandement Sud pendant Plomb durci, déclare que lui avait « forcé le Hamas à combattre des soldats, pas des civils » pendant ce conflit, et en moins de la moitié du temps que pour Bordure protectrice, et sans la protection du système anti-missile Dôme de fer.

« Le public doit décider qui dirigera le prochain [conflit]. Une personne qui a apporté la victoire par le passé et qui peut le faire encore dans l’avenir ou une personne qui a atteint une impasse [avec le Hamas] », a-t-il dit.

Galant a rencontré des difficultés suite à ses déclarations franches au cours de cette campagne électorale. Le mois dernier, il a dû se rétracter après avoir laissé entendre que l’attaque israélienne présumée sur le Hezbollah et le personnel iranien du côté syrien du plateau du Golan en janvier a été commanditée en raison de considérations politiques et pas seulement sécuritaires.

Amos Yadlin, général réserviste de la liste de l’Union sioniste de centre-gauche, s’exprimant également lors de l’événement culturel de samedi, s’en est pris à Netanyahou pour son discours controversé au Congrès sur l’Iran la semaine dernière, soutenant qu’Israël n’était pas sous une menace existentielle.

Rejetant les comparaisons entre la période pré-Holocauste et actuelle, Yadlin a déclaré qu’Israël a maintenant « une armée, et des alliés comme les États-Unis. L’Iran doit être arrêté par d’autres moyens. »

Selon Yadlin le fait que Netanyahu a tenu à s’adresser au Congrès, malgré les objections – et la fureur – de la Maison Blanche n’était « pas intelligent ».

« Il l’a fait pour des raisons de politique intérieure » a-t-il dit.

Yadlin a également critiqué Netanyahu pour la guerre de 50 jours de l’été dernier avec le Hamas et pour avoir autorisé la libération de centaines d’assassins palestiniens condamnés – référence à l’accord de Shalit de 2011 (où 1 027 Palestiniens ont été libérés en échange de Gilad Shalit, retenu prisonnier par le Hamas pendant cinq ans) -et la libération de quelque 80 prisonniers à la fin 2013 et au début 2014, comme un geste envers le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans le cadre des pourparlers de paix.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon, qui se trouvait également à l’événement à Beersheba, a rejeté la critique des deux militaires sur la gestion de Bordure protectrice.

« La défense est une question compliquée. L’heure n’est pas aux slogans et ce n’est pas un jeu d’enfants. L’utilisation de la force militaire a un prix », a affirmé Yaalon.

« Nous avons géré l’opération de manière responsable », a-t-il affirmé.

Dans l’intervalle, le Jihad islamique, soutenu par l’Iran, a déclaré qu’il se préparait à un prochain conflit avec Israël.