Le chef d’état-major de Tsahal le général Benny Gantz a vivement condamné jeudi le large soutien exprimé par des soldats via les médias sociaux envers un soldat du Nahal qui fait l’objet d’une enquête.

En effet, un soldat israélien, filmé dimanche en train de mettre en joue deux Palestiniens à Hébron est exclu de son unité malgré les provocations des adolescents, a reçu le soutien de près de 100 000 internautes sur le réseau social Facebook.

Gantz a souligné que les soldats ne devaient pas exprimer leur consternation sur les questions liées à l’armée sur Facebook.

« Nous devons rappeler et dire sans équivoque à nos commandants que Facebook n’est pas un outil pour diriger », a déclaré Gantz lors d’une réunion avec de hauts responsables de l’état-major.

« [Facebook] existe et c’est un fait, mais il ne remplace ni même, n’égale le discours entre officiers et soldats. »

Et de promettre que l’armée israélienne allait mener une enquête approfondie sur l’incident d’Hébron et tentera de déterminer comment prévenir la répétition de tels scénarios.

Depuis mercredi, un grand nombre d’hommes et de femmes en uniforme ont posté des photos d’eux – à visages couverts pour éviter des mesures punitives – brandissant des pancartes avec les mots « Je soutiens David de l’unité Nahal. »

Près de 100 000 personnes ont rejoint la page Facebook « Je soutiens le soldat David de l’unité Nahal », créé mercredi matin. Les administrateurs du groupe Facebook explique que les soldats en ont assez d’avoir les mains liés pour répondre aux attaques quotidiennes des Palestiniens en Cisjordanie.

Mercredi, le ministre de l’Economie Naftali Bennett a apporté son soutien public au soldat et affirmé qu’il avait agi correctement.

« J’aurais agi comme le combattant de Nahal », écrit Bennett sur sa page Facebook officielle.

« Il a agi de la bonne manière. Il était seul, entouré par un certain nombre de provocateurs arabes violents. Il n’a pas tiré ; il a pris des mesures raisonnables pour assurer sa propre défense et celle de son entourage et a mis un terme à l’incident. »

Bennett a également accusé les extrémistes « de gauche » d’incitation à la haine contre les soldats de Tsahal.

« A l’arrière, il y avait au moins deux photographes et ce n’est pas un hasard. Les extrémistes de gauche vivent pour calomnier les soldats de Tsahal », écrit-il.

« Cela devrait faire l’objet de condamnation sur la scène politique. Si les photographes n’avaient pas été là, l’événement n’aurait pas eu lieu. »

Même son de cloche du côté du député Likud Moshe Feiglin qui a également exprimé son soutien au soldat. Ce dernier a publié une photo de lui en ligne avec une pancarte « Je suis soutiens David de l’unité Nahal. »

Dans une vidéo postée sur le site Youtube cette semaine, on peut voir le soldat David en pleine altercation verbale avec un Palestinien de 15 ans, qui semble tenir un poing américain.

À un moment donné, l’adolescent fait un mouvement brusque en direction du soldat qui, se sentant visiblement menacé, se saisit de son arme, enlève le cran de sécurité et pointe l’arme sur le Palestinien.

C’est alors qu’un autre jeune Palestinien rejoint la scène, avant que le soldat ne le repousse. Les deux Palestiniens commencent à s’éloigner et David donne un coup de pied en leur direction sans les toucher et prononce des insultes.

Les commandants du soldat approuvent l’usage de son arme, mais affirment que les insultes et les menaces enregistrées sur la vidéo étaient indignes d’un soldat de l’armée israélienne.

L’armée a précisé dans un communiqué que la décision d’exclure le soldat avait été prise avant cet incident « en raison de violences exercées à l’encontre de ses supérieurs ».

En effet, peu avant la publication de la vidéo, le soldat avait été condamné par un commandant de bataillon à 20 jours de prison suite à deux violents incidents.

Une version corroborée par le soldat David qui a nié le lien entre la publication de la vidéo et son emprisonnement, dans un message posté sur sa page Facebook.

Les responsables militaires ont souligné que les soldats de Tsahal ont le droit de se saisir de leurs armes dans des situations où ils se sentent menacés.

Ils ont également affirmé que la vidéo de l’incident montrait clairement l’adolescent palestinien muni d’un poing américain.

Spencer Ho et Itamar Sharon ont contribué à la rédaction de cet article.