Le chef d’État-major israélien, Benny Gantz, a critiqué dimanche ceux qui relieraient le conflit israélo-palestinien à la lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique, et a mis en garde contre l’utilisation de la question palestinienne comme une excuse pour les tensions tumultueuses de la région.

Gantz, qui prendra sa retraite dans deux semaines, a déclaré que le conflit israélo-arabe n’avait aucune incidence sur la guerre en Syrie et en Irak contre les extrémistes qui se sont emparés de vastes étendues de leurs territoires.

« Il n’y a aucun lien, aucun lien entre le conflit israélo-palestinien et la lutte que nous voyons en Irak et la Syrie », a-t-il dit lors d’une conférence (au Centre interdisciplinaire d’Herzliya) à la mémoire de l’ancien chef d’État-major Amnon Lipkin Shahak, décédé en décembre 2012.

Gantz a expliqué que la question palestinienne a été utilisée comme un leurre pour rallier les gens à une série de causes. Elle a, d’après lui, été utilisée comme un « prétexte stratégique ».

Il a ajouté qu’Israël était actuellement dans une période très sensible en raison des élections. Puisqu’il est encore en fonction, il n’a pas souhaité entrer dans les détails.

Cette mise en garde, cependant, n’a pas empêché Gantz d’exprimer son mécontentement vis-à-vis du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le chef d’État-major a déclaré que les récentes décisions unilatérales du chef de l’AP sont liées au fait de « ne pas assumer la responsabilité de faire face aux problèmes ».

Il a toutefois souligné que face à certaines questions dans le monde, en particulier, la violence en Egypte et la situation avec l’Iran, il n’y a d’autre issue que d’exiger une intervention internationale. « Le monde ne peut pas se permettre de ne pas intervenir », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons pas laisser cela sans nous en occuper, a déclaré Gantz. Et je pense que le monde, dans l’ensemble, comprend cela. »

La tension récente sur les hauteurs du Golan, qui est plus directement de la compétence du chef d’État-major, a également été abordée.

« Nous sommes préparés et prêts », a promis Gantz.

« Nous avons étudié les derniers développements tout au long du week-end, et nous allons continuer à le faire dans les prochains jours. Nous ne pouvons pas permettre des activités terroristes contre nous sur le front Nord ».