Le président allemand Joachim Gauck, qui entame mercredi une visite officielle de trois jours en Grèce, a indiqué qu’il allait rendre hommage aux victimes « d’un massacre horrible » perpétré par les nazis dans le nord-ouest du pays.

« Je veux lors de ma visite officielle m’incliner avec respect devant les victimes qui ont été assassinées par des Allemands », a indiqué M. Gauck dans un entretien publié par le quotidien grec Kathimérini.

Il a souligné que « les Allemands avaient une responsabilité particulière car ils avaient alors commis ‘une rupture avec la civilisation' ».

« L’Allemagne en est consciente (…), je ne veux pas discuter maintenant de la question juridique des réparations mais on ne peut pas nier notre devoir moral ni le relativiser », a dit M. Gauck.

Le président allemand rencontrera jeudi à Athènes son homologue grec Carolos Papoulias, le Premier ministre conservateur Antonis Samaras et le leader de l’opposition de gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras.

Il se rendra vendredi avec Papoulias à Liguiades, une localité près de Ioannina en Epire, à 400 km au nord-ouest d’Athènes, où le 3 octobre 1943 les nazis avaient exterminé 90 personnes dont des dizaines d’enfants pour se venger après des attaques des résistants grecs contre l’armée allemande.

Originaire de Ioannina, M. Papoulias avait participé à la résistance antinazie de 1942 à 1944.

La Grèce n’a pas officiellement renoncé à l’éventualité de réclamer à l’Allemagne des réparations pour les crimes nazis, un vieux débat qui a resurgi avec la crise de la dette et est porté notamment par le parti Syriza.

Le gouvernement allemand a toujours fait valoir que la question des réparations de guerre avait été réglée dans le cadre d’accords entre Etats à la Conférence de Paris en novembre 1945.

Berlin a récemment refusé toute réparation aux Juifs de Salonique (nord) pour les préjudices subis sous le nazisme. Ces derniers se sont portés devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Les relations entre Athènes et Berlin ont connu des hauts et des bas depuis l’éclosion de la crise grecque en 2010, l’Allemagne étant perçue comme principal responsable des politiques de rigueur imposées au pays.

En février 2012, en pleine crise politique et économique en Grèce, M. Papoulias avait exprimé son agacement face aux « railleries » du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui avait qualifié la Grèce de « puits sans fond » faisant allusion aux aides financières successives accordées au pays.

Toutefois, l’Allemagne continue d’être l’un des principaux partenaires commerciaux de la Grèce.