Les groupes terroristes palestiniens se sont rendus coupables de « crimes de guerre » en tuant des civils non seulement israéliens mais palestiniens par des tirs de roquettes aveugles pendant la guerre de Gaza en 2014, dit Amnesty International jeudi.

Dans deux précédents rapports, c’est Israël que l’organisation de défense des droits de l’Homme accusait de crimes de guerre.

Son nouveau rapport est publié quelques jours seulement avant les premières plaintes pour crimes de guerre que la direction palestinienne prévoit de déposer devant la Cour pénale internationale contre des dirigeants israéliens le 1er avril.

« Des groupes armés palestiniens, dont la branche armée du Hamas, ont à maintes reprises lancé des attaques illégales durant ce conflit, tuant six civils et en blessant d’autres. En menant ces attaques, ils ont fait preuve d’une indifférence flagrante vis-à-vis du droit humanitaire international », déclare Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International, dans un communiqué accompagnant le rapport.

Il faisait référence aux six civils israéliens, dont un petit garçon de 4 ans, tués lors du conflit par les tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza.

Daniel Tragerman

Daniel Tragerman

L’imprécision des roquettes a aussi fait des victimes civiles palestiniennes, dit le rapport. C’est une roquette palestinienne qui a tué 13 civils palestiniens, dont 11 enfants, le 28 juillet 2014 dans le camp de réfugiés de Chati, près de la ville de Gaza, selon l’expertise d’un spécialiste indépendant des munitions mandaté par Amnesty.

Des sources médicales palestiniennes avaient attribué l’attaque à Israël, qui avait démenti, l’armée affirmant qu’il s’agissait d’une « attaque ratée à la roquette ».

Selon l’armée israélienne, 4.591 roquettes ont été tirées vers Israël pendant la guerre, 3.659 ont atteint le territoire israélien, le plus souvent dans des zones inhabitées, et 735 ont été interceptées par le système israélien anti-missiles Iron Dome. Les 197 roquettes restantes se sont donc abattues à l’intérieur de la bande de Gaza.

Le rapport d’Amnesty International reproche aussi aux groupes armés palestiniens d’avoir « stocké des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations Unies« .

« L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par ses adversaires », dit Philip Luther.

L’ONG rappelle les destructions de l’armée israélienne, qui a fait l’objet de deux de ses précédents rapports: « Ce conflit a tué, détruit et blessé à un niveau sans précédent pour les 1,8 million de personnes vivant dans la bande de Gaza, et certaines des attaques israéliennes susceptibles de constituer des crimes de guerre doivent donner lieu à des enquêtes ».