Un mouvement de jeunesse a appelé à la mobilisation mercredi dans la bande de Gaza pour forcer les mouvements palestiniens à mettre en oeuvre la réconciliation et faire cesser la division de fait des Territoires palestiniens.

Nommé le « mouvement du 29-Avril », il veut que « la rue palestinienne retrouve confiance dans sa capacité à faire changer l’amère situation actuelle », a affirmé mardi l’une de ses têtes de file, Youssef al-Balegh, 23 ans.

L’idée est de « faire entendre la voix des jeunes », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Gaza, à laquelle assistaient des dizaines de jeunes hommes et femmes, pour la plupart diplômés au chômage. Beaucoup d’entre eux ont grandi avec la division entre mouvements palestiniens, dont le paroxysme date de 2007, mais qui est toujours d’actualité.

Le mouvement terroriste Hamas avait pris cette année-là le pouvoir par la force dans la bande de Gaza au prix d’une quasi-guerre civile. Depuis, l’Autorité palestinienne n’exerçait plus son contrôle que sur la Cisjordanie, où elle a son siège à Ramallah, tandis que le Hamas maintenait un gouvernement concurrent à Gaza.

Au printemps 2014, les deux rivaux ont signé un accord de réconciliation et formé ensemble un gouvernement d’indépendants censé diriger et la Cisjordanie et Gaza. En réalité, le Hamas est loin vouloir céder de ses prérogatives, malgré l’ampleur des défis auxquels est confrontée la bande de Gaza, dévastée par la guerre de 2014, soumise au blocus israélien et quasi-blocus égyptien, en proie à un chômage de plus de 40 %, à l’inflation et à la récession.

La réconciliation de principe a touché le fond la semaine passée, quand les ministres du gouvernement d’union venus à Gaza pour une semaine en sont repartis au bout d’une journée.

Le mouvement de jeunes a appelé à plusieurs manifestations mercredi dans le quartier de Chajaya à Gaza, l’un des plus dévastés par la guerre menée par Israël en 2014. Seul le drapeau palestinien devra y être brandi, alors que les manifestations se déroulent habituellement sous une nuées de drapeaux verts, jaunes, noirs et rouges des différents partis.

Le 15 mars 2011, des manifestations similaires avaient dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité du Hamas. Le choix de manifester à Chajaya et non dans un lieu plus central de Gaza rend a priori de tels heurts moins probables.

De son côté, le gouvernement d’union a dénoncé dans un communiqué « l’interdiction faite par le Hamas aux ministres de faire leur travail à Gaza ». Il a accusé le Hamas d’ « entraver » la réconciliation.

« La seule garantie pour résoudre la crise née de la division, c’est de soutenir et autoriser le travail du gouvernement d’union », a-t-il martelé.