JTA – Avec l’actualité axée sur Gaza, l’Iran et la Cisjordanie, il peut être facile d’oublier qu’Israël a également des problèmes à l’intérieur de ses frontières. Fort heureusement, un livret de 62 pages, rempli de graphiques et de tableaux, est là pour nous le rappeler.

Publié la semaine dernière par le Centre Taub pour les études politiques sociales en Israël, un important groupe de réflexion socio-économique israélien, le rapport dépeint un pays où les loyers sont en hausse, les écarts de revenus importants, les retards bureaucratiques légion et les impôts élevés. Il y a aussi, toutefois, quelques bonnes nouvelles.

Israël est aussi inégalitaire que les États-Unis : quelques mois avant l’éruption du mouvement Occupy Wall Street à New York, en 2011, les Israéliens avaient planté des tentes sur le boulevard Rothschild de Tel- Aviv et avaient organisé pendant plusieurs mois des manifestation contre les inégalités et le coût élevé de la vie en Israël.

Les Etats-Unis et Israël ont environ le même niveau d’inégalité de revenus, en seconde position après le Mexique parmi les pays développés – du moins en 2011, l’année la plus récente pour laquelle Taub dispose de données.

Les 10 % d’Israéliens qui ont les revenus les plus élevés, selon le rapport, gagnent près de cinq fois plus que les 10 % qui ont les revenus les plus bas.

Les prix des aliments et des logements ont monté en flèche : ce n’est pas par hasard que le nouveau ministre des Finances d’Israël, Moshe Kahlon, a centré sa campagne électorale sur la réforme du logement.

Les prix ​​de l’immobilier ont augmenté de près de 60 % (en dollars réels) depuis 2008, et l’augmentation des prix des loyers est à peine moindre. Une partie du problème, note le rapport, réside dans la bureaucratie : il faut 13 ans pour qu’un nouveau projet immobilier soit approuvé en Israël, quelques mois suffisent dans les pays de l’Union européenne.

En 2005, les prix alimentaires en Israël étaient de 16 % inférieurs à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mais en 2015 la différence était passée à 19 %.

Tous les secteurs de la société israélienne – des ultra-orthodoxes aux Arabes – dépensent plus que ce qu’ils gagnent. Il est commun pour les Israéliens de se plaindre de « vivre en minus » – c’est-à-dire avec un découvert à la banque.

Il s’agit d’un problème qui touche tous les groupes de la population. Les dépenses des juifs orthodoxes sont, en moyenne de 33 % plus élevées que leurs revenus, tandis que pour les musulmans, le chiffre est de 20 %. Même les Juifs non-orthodoxes, le secteur le plus riche d’Israël, dépensent 4 % de plus que ce qu’ils gagnent.

En Israël il y a une importante économie « au noir » – et les impôts sont contestés : l’économie de l’ombre, la partie de l’entreprise qui reste cachée du fisc et de la réglementation, représente environ un cinquième du PIB d’Israël.

Selon le rapport, la faute réside dans le fardeau fiscal élevé qu’Israël fait peser sur les petites entreprises. Israël impose les petites entreprises à un taux effectif de près de 58 % ; 6 % de plus que la moyenne de l’OCDE.

Israël dépense plus pour l’éducation, mais il accuse un retard en dollars par étudiant : près de 11 % du budget total du gouvernement d’Israël est consacré à l’éducation – un nombre qui a augmenté ces dernières années.

Mais, en termes de dollars par étudiant, Israël est à la traîne de l’OCDE – surtout parce qu’Israël compte plus d’enfants que la plupart des pays de l’OCDE. Et les salles de classe sont bondées : une classe moyenne israélienne a 28 élèves, par opposition à la moyenne de l’OCDE qui est de 21.

Mais davantage d’Israéliens peuvent entrer à l’université, et moins y échouent.

En 2007, 46,3 % des élèves avaient réussi au baccalauréat, une condition préalable pour être admis à l’université.

En 2013, ce nombre était passé 53,4 %. En 2006, 5,2 % des élèves israéliens étaient dans la meilleure tranche de l’enquête PISA, un test international normalisé, tandis que 36 % avaient eu des résultats médiocres. En 2012, les chiffres étaient passés respectivement à 5,8 % et 29 %.

L’avenir semble donc plus souriant.