Israël se prépare à lancer sa première enquête sur un haut commandant de Tsahal pour des décisions criminelles présumées pendant la guerre de Gaza de l’été dernier.

Le lieutenant-colonel Neria Yeshurun ​​doit faire face aux allégations selon lesquelles il aurait ordonné de bombarder une clinique médicale dans le quartier nord de la ville de Gaza, en représailles à la mort d’un de ses soldats la veille par un sniper du Hamas tirant depuis la clinique, à Chajaya, a rapporté Ynet samedi.

L’enquête sur Yeshurun ​​est l’une des trois nouvelles enquêtes criminelles sur Tsahal menées par la Magistrature militaire générale (MAG), ouverte le mois dernier.

Les enquêteurs de l’armée examineront les allégations selon lesquelles un jour après que le Capt. Dimitri Levitas a été abattu par un tireur palestinien caché au sommet de la clinique, Yeshurun a ​​ordonné une lourde offensive sur le complexe, en une sorte d’hommage à son soldat tué.

« Nous avons décidé de tirer un barrage d’obus sur les lieux où sa vie a été retirée, mais la vie a un rythme propre, et une seconde après avoir commencé à tirer, nous avons essuyé un feu entrant », a déclaré Yeshurun ​​au journal de l’armée Bayabasha (« Sur terre »), dans une interview d’après-guerre.

Selon des sources palestiniennes, l’attaque du 23 juillet 2014 sur l’établissement médical a tué cinq personnes, dont quatre civils, et blessé 45 autres.

Dans un enregistrement d’une communication de Tsahal interne obtenue par le site israélien NRG à l’époque, on peut entendre Yeshurun ​​qui ordonne à ses soldats de saluer la mémoire de Levitas au lieu d’assister à son enterrement le même jour. En raison d’opérations en cours, les soldats de l’unité de Levitas ne pouvaient être libérés pour assister aux funérailles.

« Je voudrais que nous, ici, au milieu de Chajaya à Gaza, nous nous joignons à ceux qui accompagnent Dima dans son dernier voyage, et tirions un barrage d’honneur pour saluer notre officier, » dit-il d’une voix tremblante.

Selon les rapports médiatiques, Yeshurun ​​n’a pas contesté ces déclarations, mais a affirmé que la décision de bombarder le bâtiment n’a pas été prise pour les raisons qu’il a données à ses troupes.

Suite à l’annonce de juin enquêtes du MAG, il a révélé à NRG que sa décision de bombarder la clinique faisait partie d’une opération plus large ciblant les hommes armés du Hamas qui se cachaient dans la région. Il a affirmé que sa référence à Levitas était uniquement destinée à remonter le moral des troupes qui ne pouvaient assister à l’enterrement.

Dmitri Levitas

Le soldat tombé Dmitri Levitas, 26 ans, de Jérusalem (Porte-parole de Tsahal)

Un certain nombre de soldats de Yeshurun ​​interrogés par Ynet ont défendu leur commandant et ont salué son leadership pendant la guerre de 50 jours.

Un officier a qualifié l’incident de « fermeture d’un cercle » et a déclaré au site que l’attaque n’a pas été motivée par un esprit de vengeance. Un autre soldat a fait l’éloge de Yeshurun ​​comme le « commandant que tous les soldats voudraient avoir ».

« En faire un suspect fait de nous tous des suspects dans le bataillon », a déclaré un officier identifié seulement comme « A ».

Ces derniers mois, une page Facebook de soutien à Yeshurun a ​​émergé en ligne, recueillant des milliers de Likes et des messages de soutien pour l’officier supérieur.

Dans un commentaire, un soldat de Tsahal a traité le Hamas de « méprisable » pour avoir « vicieusement » positionné des snipers dans un centre médical, sachant parfaitement qu’Israël riposterait aux tirs sur ses soldats. Pour d’autres, Israël est moralement obligé de défendre ses soldats contre de telles accusations en raison du lourd prix que ses soldats ont payé pour défendre le pays contre le terrorisme.

En plus du bombardement de la clinique médicale, l’avocat militaire général, Maj. Gen. Danny Efroni, a annoncé l’ouverture de deux enquêtes criminelles supplémentaires.

L’une concerne un bombardement militaire d’un café à Khan Younis qui a entraîné la mort de neuf Palestiniens. L’attentat du 10 juillet a tué des fans qui regardaient une demi-finale de Coupe du Monde entre la Hollande et de l’Argentine, selon des témoins oculaires.

L’autre incident concerne des accusations d’abus sur un détenu palestinien par Tsahal.

Sept enquêtes criminelles ont déjà été ouvertes sur les actions des soldats pendant Bordure protectrice, dont le bombardement d’une école des Nations unies qui, selon les Palestiniens, a tué 21 civils et en a blessé des dizaines.

Le mois dernier, Efroni a également annoncé la fermeture d’un certain nombre d’enquêtes, dont une sur le bombardement de la plage de Gaza, qui a tué quatre enfants le 16 juillet.

Selon Efroni, l’enquête sur la mort des enfants « était effectuée selon la loi israélienne et les exigences du droit international», et les enfants, repérés en train de courir sur le terrain, ont été pris pour des forces navales du Hamas connues pour opérer dans la zone.

Selon des témoins, les enfants jouaient sur la plage, et avaient tenté sans succès d’éviter le feu.

En avril, le procureur militaire a déposé un acte d’accusation devant un tribunal militaire contre trois soldats soupçonnés de piller les maisons des civils palestiniens pendant les combats.

L’affaire a marqué la première instance de charges retenues contre les troupes de Tsahal qui ont participé au combat dans la bande de Gaza durant l’opération Bordure protectrice.