L’unique centrale électrique de la bande de Gaza est de nouveau à l’arrêt à cause d’un différend entre le Hamas au pouvoir dans l’enclave et l’Autorité palestinienne qui lui réclame des taxes sur le carburant, a indiqué mardi l’Autorité de l’énergie à Gaza.

Pour alimenter cette centrale, qui fournit la moitié des besoins en électricité des 1,8 million de Gazaouis, les autorités de la bande de Gaza, toujours tenues par le Hamas, passent par l’Autorité palestinienne qui achète le fuel à des compagnies israéliennes.

L’Autorité réclame des taxes pour ce service que le mouvement terroriste refuse de verser.

Alors que les Gazaouis sont rationnés en électricité depuis plusieurs années –ils avaient au mieux 12 heures d’électricité par jour avant l’arrêt de la centrale–, l’Autorité de l’énergie a annoncé dans un communiqué que la centrale avait été « mise à l’arrêt lundi soir ».

Et cela, explique l’Autorité gazaouie, « en raison de la non-application du mécanisme qui devait lever l’imposition de 7,2 millions d’euros de taxes chaque mois sur le fuel alimentant la centrale ».

« L’imposition de taxes sur le carburant par le ministère des Finances à Ramallah empêche l’Autorité de l’énergie de faire fonctionner la centrale », poursuit le texte, exhortant l’Autorité palestinienne à « lever tout impôt sur le fuel nécessaire au fonctionnement de la centrale ».

L’Autorité de l’énergie gazaouie ajoute avoir « emprunté auprès des entreprises et des banques locales » avant de réclamer à la Commission du pétrole à Ramallah l’envoi « d’un million de litres de carburant contre un versement financier qui a été refusé », le Hamas refusant d’y adjoindre les taxes réclamées par Ramallah.

L’Autorité gazaouie assure encore avoir réclamé au gouvernement d’union, basé à Ramallah, un « moratoire d’un an sur les taxes ».

Mais l’Autorité palestinienne, étranglée financièrement et en conflit avec le Hamas, a catégoriquement refusé jusqu’alors de céder à cette exigence.

Au printemps 2014, le Hamas et l’Autorité ont mis fin à sept ans de directions concurrentes, l’une à Gaza, l’autre à Ramallah, en signant un accord de réconciliation historique. Mais le torchon brûle de nouveau entre les deux rivaux désormais en crise ouverte.

Leurs différends ont causé la fermeture à de multiples reprises de la centrale, déjà en partie détruite lors de l’offensive israélienne de l’été dernier et entrave également la mise en route de la reconstruction de Gaza.