La Jordanie a proposé mardi à ses partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution demandant la levée du siège israélien de Gaza et un plan pour reconstruire le territoire, selon des diplomates.

« Nous avons présenté un projet de résolution, en collaboration avec nos amis palestiniens et le groupe arabe » à l’ONU, a indiqué à la presse l’ambassadrice jordanienne Dina Kawar.

Celle-ci a souhaité que la trêve de 72 heures acceptée par Israël et le Hamas « devienne permanente » et mène à des négociations, et que « la reconstruction de Gaza fasse l’objet d’un plan ». « C’est très important pour nous », a-t-elle ajouté.

Des consultations se sont engagées sur ce texte jordanien avec l’espoir d’un résultat « dans un jour ou deux », a-t-elle indiqué. La Jordanie est le seul pays arabe membre du Conseil.

L’ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a confirmé le dépôt mardi par la Jordanie de son projet, qui sera « discuté dans les deux ou trois jours qui viennent ».

Mais il a souligné que la situation « évolue rapidement sur le terrain » avec l’instauration de la trêve et le lancement de négociations au Caire et qu’il fallait désormais adopter « une approche un peu différente ».

Pour le Royaume-Uni, a-t-il expliqué, le cessez-le-feu ne doit pas se limiter au « retour au statu quo ante » et des négociations doivent s’ouvrir sur une série de questions comme « l’accès à Gaza, le rôle de l’Autorité palestinienne et le redressement économique » du territoire.

Le projet de résolution jordanien demande « un cessez-le feu durable et respecté » et soutient les efforts de médiation de l’Egypte.

Il souligne la nécessité de protéger les civils et de respecter l’inviolabilité des locaux de l’ONU. Le texte demande « la levée des restrictions imposées par Israël aux mouvements des personnes et des biens » à Gaza et la réouverture durable des points de passage aux frontières.

Il réclame aussi une aide humanitaire immédiate pour la population palestinienne et invite les pays membres de l’ONU à contribuer d’urgence à la reconstruction et à la relance de l’économie de la bande de Gaza.

La guerre entre Israël et le Hamas a causé entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs dans la bande de Gaza mais l’addition pourrait être bien plus lourde, selon le vice-ministre palestinien de l’Economie Tayssir Amro.

Israël de son côté lie toute levée du blocus à une démilitarisation de Gaza. Pour l’instant, l’accord de cessez-le-feu « ne prévoit que le retour au calme », a rappelé à l’AFP Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.