L’Egypte mène un nouvel effort pour faire cesser les hostilités entre Israël et le Hamas qui ont encore fait quatre morts dans la bande de Gaza lundi, veille du 50ème jour de guerre.

Le Caire, voisin et médiateur habituel des conflits israélo-palestiniens, est ainsi en train de soumettre une nouvelle proposition de cessez-le-feu dans la guerre déclenchée le 8 juillet, a-t-on appris auprès de responsables palestiniens.

« Il est question d’un cessez-le-feu temporaire qui permettrait d’ouvrir les points de passage aux frontières, de laisser passer l’aide humanitaire et le matériel de reconstruction, les sujets contestés seraient discutés dans un mois », a expliqué un de ces responsables à l’AFP.

« Nous sommes disposés à accepter, mais nous attendons la réponse israélienne à cette proposition », a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat.

Les Egyptiens pourraient inviter Israéliens et Palestiniens à reprendre les discussions sous 48 heures, selon un autre responsable palestinien.

« Des efforts sont en cours pour parvenir à un accord », a confirmé à l’AFP un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abu Zuhri.

Le porte-parole du Jihad Islamique, deuxième force dans la bande de Gaza et autre participant palestinien aux discussions compliquées menées depuis plusieurs semaines sous les auspices égyptiens, Daoud Shihab, a néanmoins prévenu que « la réussite des contacts qui ont été pris dépend de la prise en compte ou non des exigences palestiniennes ».

Pas de négociation sous les bombes

Mark Regev, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, s’est gardé de tout commentaire, se contentant de répéter la position de principe selon laquelle Israël ne négociait pas tant que les tirs de roquettes palestiniens continuaient. « Cette position n’a pas changé », a-t-il dit.

Depuis des semaines, l’Egypte est impliquée dans les tentatives d’instaurer une trêve. Après plusieurs trêves « humanitaires » unilatérales rapidement avortées en juillet, un premier cessez-le-feu accepté par les deux parties a volé en éclats au bout de quelques heures le 1er août.

Un deuxième cessez-le-feu accepté par les Israéliens et les Palestiniens entré en vigueur le 11 août a tenu neuf jours, pendant lesquels les Egyptiens ont essayé au Caire de convaincre les belligérants de souscrire à une trêve prolongée.

Mais ces négociations indirectes – les Israéliens refusent de s’asseoir à la même table que le Hamas – ont échoué sur des exigences apparemment inconciliables : la garantie de leur sécurité pour les Israéliens, la levée du blocus israélien pour les Palestiniens.

Les Egyptiens avaient pourtant proposé de différer à un mois les pourparlers sur les sujets de discorde les plus ardus.

Israéliens et Palestiniens ont donc recommencé à échanger frappes aériennes et tirs de roquettes et de mortiers le 19 août. Depuis, 104 Palestiniens ont été tués, ainsi qu’un enfant israélien de quatre ans.

Quatre Palestiniens, dont une mère et son fils de trois ans, sont morts lundi dans deux frappes aériennes israéliennes distinctes, ont indiqué les secours palestiniens.

L’échéance de la rentrée des classes

L’opération « Bordure protectrice » continuera « jusqu’à ce qu’elle ait atteint son objectif (…) cela peut prendre du temps », a prévenu dimanche Benjamin Netanyahu, et Israël est prêt à poursuivre ses opérations même après la rentrée scolaire lundi prochain, a-t-il dit.

Cette échéance résonne fortement dans l’opinion publique israélienne, inquiète de la possibilité que les enfants du sud reprennent la classe sous la menace des roquettes.

A Gaza, un demi-million d’enfants palestiniens n’ont pas pu reprendre les cours comme prévu dimanche à cause de la guerre, selon plusieurs organisations humanitaires.