Des dizaines de Palestiniens ont manifesté lundi dans la ville de Gaza contre la sérieuse dégradation récente de leur alimentation déjà défaillante en électricité, dernière protestation en date contre le groupe terroriste du Hamas islamiste qui gouverne le territoire, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les foyers de la ville de Gaza ne reçoivent plus guère que quatre heures d’électricité par jour, et encore moins dans les secteurs les plus mal lotis, au lieu de huit heures par jour en temps normal dans le territoire en proie à une crise humanitaire chronique, rapportent les correspondants de l’AFP.

Le groupe terroriste a réprimé de récentes manifestations contre la compagnie d’électricité dirigée par le Hamas en arrêtant certains des participants, a rapporté une ONG.

Khaled al-Batch, un dirigeant du deuxième groupe terroriste palestinien de la bande, le Jihad islamique, a appelé, devant quelques dizaines de manifestants, toutes les parties à produire de « gros efforts pour surmonter la pénurie d’électricité qui va empirant ».

Il a mis en garde contre le risque d’une « tragédie ».

Les Nations unies imputent la crise à toute une série de facteurs, parmi lesquels la faiblesse des infrastructures, les factures impayées par les abonnés ou les défauts de collecte de l’argent, la fermeture des tunnels de contrebande passant sous la frontière égyptienne et par lesquels transitait du combustible ainsi que les dommages causés à la centrale électrique de la bande de Gaza lors des combats avec Israël.

La bande de Gaza, dirigée sans partage par le Hamas, est soumise à un double blocus – israélien et égyptien.

Les problèmes d’alimentation en électricité ont été aggravés récemment par une querelle entre le Hamas et le Fatah, parti rival qui domine la Cisjordanie, au sujet de taxes à payer sur le combustible importé dans le territoire. Les deux parties se renvoient la balle.

Le Réseau des organisations non-gouvernementales palestiniennes a appelé toutes les factions à coopérer pour résoudre la crise, mais a dénoncé l’arrestation par les autorités du Hamas d’un « certain nombre de citoyens » lors de manifestations.

Les deux millions d’habitants de la bande de Gaza, qui sont tributaires pour les deux tiers de l’assistance internationale, dépendent pour leur alimentation en courant d’une centrale ainsi que des importations d’électricité en provenance d’Israël et d’Egypte.