Le responsable juridique militaire israélien, Dan Efrony, a fait état jeudi de quinze enquêtes criminelles de l’armée liées à la guerre de Gaza, qui seraient selon lui à même de contrer les possibles investigations de la Cour pénale internationale (CPI).

« Notre qualité et notre professionnalisme devraient suffire, et si (les enquêtes) sont à la hauteur de nos critères, alors cela devrait satisfaire n’importe qui », a déclaré le général Dan Efrony à des journalistes.

Le général israélien, qui s’exprimait au dernier jour d’une conférence sur la justice militaire à Tel-Aviv, a évoqué à ce stade 15 enquêtes menées par l’armée, dont l’une sur le bombardement d’une école de l’ONU à Beit Hanoun le 24 juillet (15 morts) et le bombardement, le 16 juillet, d’une plage de Gaza qui a tué 4 enfants.

Dix-sept Palestiniens de Gaza ont été entendus par les services de M. Efrony dans le cadre de ces investigations.

Après l’échec d’un projet de résolution prévoyant le retrait israélien des Territoires palestiniens sous trois ans, l’Autorité palestinienne a adhéré à la CPI dans le but avoué de poursuivre les dirigeants israéliens pour « crimes de guerre » notamment à Gaza.

En janvier, le procureur de la CPI a annoncé avoir ouvert un examen préliminaire pour savoir s’il existait une « base raisonnable » pour ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis depuis juin 2014 dans les Territoires palestiniens.

Efrony a nié que la démarche palestinienne auprès de la CPI ait d’une quelconque façon poussé Israël à ouvrir ses propres enquêtes.

« Aucune de mes décisions n’est en lien avec la CPI (…) Cela n’a rien changé, parce que nous sommes des professionnels ».

« Quand nous décidons d’ouvrir une enquête criminelle, c’est une vraie investigation criminelle, pas juste pour contrer la CPI. Jamais », a-t-il ajouté.

« Quand je me lève le matin, je peux me regarder dans le miroir sans aucun scrupule », a poursuivi M. Efrony. « Nous sommes un Etat qui a la volonté et la capacité d’enquêter sur toute personne qui a fait quelque chose de mal ».

Pour l’heure, aucune inculpation n’a eu lieu.