Deux leaders des communautés juive et musulmane de Grande-Bretagne ont appelé jeudi à un étiquetage plus précis de la viande casher et halal qui décrirait les conditions exactes dans lesquelles les bêtes ont été étourdies et abattues.

Cette proposition intervient alors que les tabloïds dénoncent depuis deux jours les pratiques de nombreuses chaînes britanniques de supermarchés et de restauration rapide qui proposent de la viande confessionnelle « sans que des millions de consommateurs ne soient au courant ».

Dans une courte tribune publiée par le Daily Telegraph, Henry Grunwald, président de l’organisation juive Shehita UK, et Shuja Shafi, secrétaire général adjoint du Conseil britannique du culte musulman, estiment que les consommateurs ont effectivement le droit de savoir si la viande dans leur assiette répond ou non à des impératifs religieux.

Mais ils vont plus loin en militant aussi pour que l’étiquette indique si la bête a été étourdie avant d’être égorgée. Et, si oui, quel moyen a été utilisé – gaz carbonique, pistolet, électrocution – pour y arriver.

Les deux hommes ajoutent qu’il serait également utile de mentionner s’il a fallu s’y prendre à plusieurs reprises pour assommer l’animal ou s’il a été anesthésié à la première tentative.

Alors que des pays comme le Danemark interdisent l’abattage rituel sans étourdissement préalable, la pratique reste tolérée au Royaume-Uni.

« L’instauration d’un étiquetage précis devrait avoir le soutien à la fois des communautés religieuses et des groupes de défense des animaux », écrivent les deux auteurs dans leur tribune qu’ils ont commencé par ce constat : « une fois encore, l’abattage rituel fait les gros titres » dans la presse britannique.

Mercredi, le tabloïd The Sun a fait sa Une sur le « secret halal de Pizza Express », chaîne de restaurants qui n’utilise que du poulet halal dans ses plats.

Jeudi, le Daily Mail a ajouté que plus de 70 % de la viande d’agneau en provenance de Nouvelle-Zélande était issue d’abattoirs halals.

Le chiffre a été validé à l’AFP par Craig Finch, directeur régional du développement pour « Beef and Lamb New Zealand ». Le responsable a également confirmé qu’aucun étiquetage n’était à ce jour requis pour mentionner ce fait, soulignant toutefois que la loi néo-zélandaise imposait l’étourdissement au préalable.

Le ministère de l’Environnement a, lui, fait part de son souhait que les consommateurs puissent « faire des choix informés sur les aliments qu’ils achètent ». Et rappelé que le Royaume-Uni avait activement participé à une étude européenne sur un label halal obligatoire, à paraître prochainement.

Mais, a ajouté le ministère, les autorités britanniques « respectent les croyances des communautés juive et musulmane » et n’ont « aucune intention d’interdire l’abattage rituel », même si elles « préféreraient que les animaux soient étourdis avant leur abattage ».