Le mouvement néo-nazi britannique « National Action », qui a salué le « sacrifice » du meurtrier de la députée Jo Cox, sera le premier groupe d’extrême-droite à être interdit en vertu de la législation antiterroriste britannique, a annoncé lundi le ministère de l’Intérieur.

Cette interdiction, qui prendra effet vendredi, est la première de ce genre, en vertu du Terrorism Act 2000, a confirmé à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Intérieur.

« Je prends aujourd’hui des mesures pour interdire le groupe néo-nazi National Action. Cela signifiera qu’en être membre ou appeler à soutenir cette organisation sera un délit », a indiqué lundi dans un communiqué la ministre de l’Intérieur Amber Rudd.

Le décret d’interdiction doit être présenté au Parlement lundi et prendra effet vendredi, après avoir été débattu mercredi et jeudi.

« National Action est une organisation raciste, antisémite et homophobe qui attise la haine, glorifie la violence et fait la promotion d’une idéologie abjecte », a ajouté la ministre.

« Elle n’a absolument pas sa place au Royaume-Uni », a-t-elle écrit.

Le site internet du groupuscule montre notamment des photographies de membres faisant le salut nazi. Il indique également avoir organisé un concours de la « Miss Hitler 2016 » et fait l’apologie du « pouvoir blanc ».

Sur son compte Twitter, le groupe a défendu « le sacrifice » de Thomas Mair, l’homme qui a tué la députée europhile Jo Cox de plusieurs balles et coups d couteau le 16 juin, une semaine avant le référendum britannique sur l’appartenance du pays à l’Union européenne.

« #Votezlasortie, ne laissez pas le sacrifice de cet homme être vain. #JoCox aurait rempli le Yorkshire avec davantage de sous-humains », a ainsi écrit le groupe sur son compte Twitter.

La Cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres, a établi que Thomas Mair, 53 ans, qui consultait notamment des sites néonazis, avait agi pour des motivations politiques et qualifié son crime de terroriste. Il a été condamné fin novembre à la prison à vie.

Le ministère a précisé dans son communiqué « avoir pris la décision d’interdire National Action avant le procès de Thomas Mair », mais rendre public l’ordre d’interdiction du groupe seulement maintenant parce qu’il ne voulait pas que cela « ait un impact » sur le procès.