Un député arabe israélien qui a avoué avoir transmis des téléphone portables à des prisonniers palestiniens a démissionné dimanche, a indiqué un communiqué de la Knesset.

Basel Ghattas avait annoncé qu’il démissionnerait après avoir conclu un accord avec les procureurs, qui le verra plaider coupable d’avoir remis des téléphones portables et de cartes SIM à des détenus palestiniens en échange d’une réduction de peine.

« J’ai décidé [d’accepter] après consultation avec mes avocats et avoir pris en compte ma situation personnelle et familiale », avait-il déclaré vendredi à l’AFP.

Ghattas, qui risquait jusqu’à dix ans de prison, a accepté dans l’accord une condamnation à deux ans de détention.

Les procureurs demanderont également que les délits soient catégorisés en tant que « débauche morale » ce qui, selon les termes de la loi israélienne, entraîne une interdiction d’occupation d’un poste du service public pendant sept ans.

Basel Ghattas, au centre, député de la Liste arabe unie, à son arrivée à l'unité d'enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Basel Ghattas, au centre, député de la Liste arabe unie, à son arrivée à l’unité d’enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Dans un communiqué, Ghattas a expliqué que tout ce qu’il avait fait « a été dicté par la conscience et des sentiments humanitaires personnels envers les prisonniers », et qu’il prenait la « responsabilité totale de ses agissements ».

Il a ajouté que l’accord reposait sur un chef d’inculpation différent de celui qui avait été présenté à la Knesset, qu’il n’inclurait pas des clauses relatives à d’éventuels préjudices à la sécurité de l’Etat et à celle des citoyens israéliens, ou relatives au terrorisme.

Une enquête criminelle avait été ouverte sur Ghattas après qu’il a été vu sur une vidéo de surveillance de la prison transmettre des enveloppes à des prisonniers sécuritaires palestiniens au mois de janvier.

La police a indiqué que le parlementaire avait abusé de sa position de député, qui, en tant que tel, ne peut être l’objet d’une fouille corporelle, au cours d’une visite à la prison de Ketziot, dans le sud d’Israël, l’année dernière. Il y avait rencontré Walid Daka, prisonnier palestinien condamné à 37 ans de détention pour l’enlèvement et le meurtre en 1984 du soldat israélien Moshe Tamam. Le député avait également rencontré Basel Ben Sulieman Bezre, condamné à quinze ans de prison pour terrorisme.

Le député Basel Ghattas remettrait un paquet au prisonnier palestinien Walid Daka dans une vidéo diffusée le 23 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le député Basel Ghattas remettrait un paquet au prisonnier palestinien Walid Daka dans une vidéo diffusée le 23 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Ghattas a toujours nié les accusations contre lui, mais a dû faire face à la séquence vidéo enregistrée qui semblait le montrer trafiquant des téléphones cellulaires dans la prison.

Il avait été assigné à résidence au mois de janvier, cinq jours après son arrestation. Même si son assignation à domicile avait été levée, il a été interdit d’activités parlementaires, sauf pour les votes en plénière.

Après la démission de Ghattas, le prochain candidat issu de la Liste arabe unie prendra sa succession. Selon la Commission centrale électorale, il s’agirait de Juma Azbarga, habitant de la ville bédouine de Lakiya, située près de Beer Sheva, dans le sud d’Israël.