La commission d’Ethique de la Knesset a voté lundi l’éloignement du député Basel Ghattas du Parlement pour six mois. Il est soupçonné d’avoir transmis illégalement à des terroristes emprisonnés en Israël plus d’une dizaine de téléphones portables miniatures et des notes codées.

Ghattas est un élu de la Liste arabe unie du parti Balad.

Yaakov Peri, ancien chef du Shin Bet, et Mickey Levi, ancien chef de la police de Jérusalem, tous deux députés du parti Yesh Atid, ont porté la plainte devant la commission, qui a voté par trois voix contre l’expulsion de Ghattas de la plénière de la Knesset et des débats en commission jusqu’en juillet.

Les actes de Ghattas « auraient pu gravement nuire à la sécurité nationale », ont écrit Peri et Levi à la commission.

La décision n’impacte pas son salaire. Son droit à voter un projet de loi, protégé par la Loi fondamentale de la Knesset, n’est pas non plus touché.

La députée Rachel Azaria du parti Koulanou lors d'une séance d'une commission de la Knesset le 26 octobre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La députée Rachel Azaria du parti Koulanou lors d’une séance d’une commission de la Knesset le 26 octobre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ghattas a causé « une blessure mortelle à l’image de la Knesset », a déclaré dans un communiqué à la suite du vote la députée de Koulanou Rachel Azaria, membre de la commission d’Ethique.

Elle a déclaré que l’interdiction de six mois était une « punition importante qui envoie un message moral et éthique aux autres députés : vous ne pouvez pas abuser si ouvertement de votre immunité. »

Le seul dissident, le député Youssef Jabareen de Hadash, une autre faction de la Liste arabe unie, a déclaré qu’il était inapproprié de lever des sanctions contre un député avant qu’il ne soit jugé.

Après sa libération de détention provisoire la semaine dernière, Ghattas avait déclaré à Al-Jazeera n’avoir « rien fait de ce qu’ils disent que j’ai fait. L’objectif est l’assassinat politique d’un membre arabe de la Knesset. »

« Je pense que cela s’inscrit dans la détérioration du système politique en Israël, qui comprend le racisme, la montée de la droite et de l’extrémisme religieux et politique », avait-il ajouté.

Il avait déclaré que les députés arabes ont le devoir moral de défendre les droits des prisonniers palestiniens.

« Nous sommes prêts à payer n’importe quel prix pour défendre les droits de notre peuple, et des prisonniers en particulier », avait-il déclaré.