Un député s’est présenté de lui-même à la police mardi pour être interrogé sur des soupçons d’avoir transmis illégalement des téléphones portables et des renseignements codés à des détenus palestiniens emprisonnés pour des actes terroristes.

Les députés de la coalition ont demandé que Basel Ghattas, député du parti Balad, qui fait partie de la Liste arabe unie, perde son immunité parlementaire et soit jugé. Un député a même prévenu que Ghattas pourrait apporter une arme dans l’enceinte de la Knesset, où il pourrait l’utiliser pour un assassinat.

Ghattas est arrivé à l’unité nationale de lutte contre le crime Lahav 433 de Lod pour faire face aux accusations d’avoir transmis téléphones et renseignements pendant une visite à deux prisonniers sécuritaires palestiniens dans la prison de Ketziot, au sud de Beer Sheva. L’un des deux prisonniers, qui sont tous les deux membres du Fatah, purge une peine de 37 ans pour l’enlèvement et le meurtre d’un soldat israélien.

Alors qu’il entrait dans le bâtiment de la police, Ghattas a déclaré aux journalistes que « j’en sortirai la tête haute, et il apparaîtra finalement que d’une taupinière, une montagne a été créée. »

Affirmant que les accusations étaient « une chasse aux sorcières politique », il a déclaré que « nous nous sommes habitués à être interrogés comme cela ; ce n’est que pour nuire à notre lutte [pour la cause palestinienne]. »

Yoav Galant, ancien général, député Koulanou et ministre du Logement, le 20 janvier 2015. (Crédit : Danielle Shitrit/Flash90)

Yoav Galant, ancien général, député Koulanou et ministre du Logement, le 20 janvier 2015. (Crédit : Danielle Shitrit/Flash90)

Yoav Galant, ministre du Logement du parti Koulanou, a déclaré que Ghattas et tout son parti devraient être interdits, et ses membres expulsés du Parlement.

« Il aurait dû être jugé immédiatement, et perdre sa nationalité », a-t-il déclaré à la radio militaire.

Galant, ancien général de Tsahal, a déclaré que les téléphones portables devraient être considérés comme des armes puisqu’ils peuvent être utilisés par les prisonniers pour diriger des attaques terroristes, et qu’en les faisant entrer dans la prison, Ghattas avait « franchi une ligne rouge ».

« C’est un acte de trahison qui doit être traité par tout le poids du droit », a-t-il déclaré.

Galant a souligné que les trois députés de Balad, Ghattas, Hanin Zoabi et le président du parti Jamal Zahalka, devaient tous être exclus du parlement.

Avi Dichter, député du Likud et président de l’influente commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, a prévenu que si Ghattas pouvait transmettre un téléphone à des prisonniers de sécurité, il pourrait aussi leur donner des armes, ou en apporter à la Knesset.

Avi Dichter, ancien chef du Shin Bet, député du Likud et président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, à la Knesset, le 28 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avi Dichter, ancien chef du Shin Bet, député du Likud et président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, à la Knesset, le 28 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cet homme pourrait entrer dans la Knesset avec une arme et la laisser dans son bureau, et après, si quelqu’un voulait attaquer le Premier ministre ou quelqu’un d’autre, que Dieu l’empêche, vous pouvez imaginer ce qu’il se passerait », a déclaré Dichter, qui a dirigé le Shin Bet.

« Maintenant qu’il a été pris, il est impossible que cet homme puisse entrer dans la Knesset, et certainement pas sans un contrôle de sécurité. »

La police pense que Ghattas est entré dimanche dans la prison avec des notes dans une poche de son manteau et les téléphones dans l’autre. Les téléphones ont été miniaturisés et fabriqués en Extrême Orient, et coûtent des dizaines de milliers de dollars chacun, a annoncé la Deuxième chaîne.

Les téléphones, découverts derrière une moulure en plastique d’une fenêtre de la salle des visiteurs, étaient destinés à des prisonniers du Jihad islamique, un groupe terroriste palestinien.

Des téléphones portables découverts dans une prison israélienne et destinés à des détenus du groupe terroriste Jihad islamique, en décembre 2016 (Crédit :Twitter)

Des téléphones portables découverts dans une prison israélienne et destinés à des détenus du groupe terroriste Jihad islamique, en décembre 2016 (Crédit :Twitter)