Le député Basel Ghattas, déjà sous le coup d’une enquête pour des trafics avec des terroristes palestiniens emprisonnés en Israël, a été interrogé lundi par la police dans le cadre d’une autre affaire. Il est cette fois-ci soupçonné de contrefaçons, de fraude et de blanchiment d’argent.

Ghattas a été interrogé en tant que suspect par l’unité spéciale de la police, Lahav 433. Il est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin, d’avoir falsifié des documents et de blanchiment d’argent, a annoncé la porte-parole de la police Louba Samri.

Elle a ajouté que l’enquête découlait d’une investigation lancée par le procureur de l’Etat sur le financement du parti Balad, dont Ghattas fait partie, et qui est l’un des composants de la Liste arabe unie.

En réponse, le porte-parole du député a expliqué que cette enquête était une « preuve de la chasse aux sorcières politique » menée contre sa formation.

Des extraits de caméras de surveillance montrent Basel Ghattas, à droite, remettre une enveloppe à un détenu dans une prison israélienne. (Crédit : capture d'écran de la Dixième chaine)

Des extraits de caméras de surveillance montrent Basel Ghattas, à droite, remettre une enveloppe à un détenu dans une prison israélienne. (Crédit : capture d’écran de la Dixième chaine)

Le parlementaire, soupçonné dans une autre affaire d’avoir transmis des équipements, dont des téléphones portables et des cartes SIM, à des détenus, a indiqué que le moment choisi pour les convocations policières est « curieux », dans la mesure où il semblait que l’enquête le concernant ait été close il y a trois mois.

« La police a une conduite plus qu’incorrecte envers moi. Il semble qu’elle veuille influencer mon dossier judiciaire et créer une atmosphère hostile à mon égard », a déclaré Ghattas.

Il y a trois mois, une enquête sur le financement du parti Balad avait entraîné les interrogatoires de 60 militants du parti par la police, ainsi que des députés Hanin Zoabi et Jamal Zahalka.

Yuli Edelstein, à droite, président de la Knesset, avec les 72 signatures de député demandant un vote sur la destitution du député arabe Basel Ghattas, remises par Zeev Elkin, à gauche, ministre du Likud, à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : département des portes-paroles de la Knesset)

Yuli Edelstein, à droite, président de la Knesset, avec les 72 signatures de député demandant un vote sur la destitution du député arabe Basel Ghattas, remises par Zeev Elkin, à gauche, ministre du Likud, à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : département des portes-paroles de la Knesset)

D’autre part, le ministre de l’Environnement, Zeev Elkin, a déposé les signatures de 72 députés favorables à l’expulsion de Ghattas de la Knesset.

La procédure d’expulsion d’un député est prévue par une loi adoptée en juillet, qui demande que 70 députés, dont dix au moins appartenant à l’opposition, peuvent déposer plainte auprès du président du parlement israélien contre l’un de ses membres, pour le déchoir de ses fonctions.

Cette loi vise essentiellement les députés qui soutiennent la lutte armée contre Israël, ou incitent à la haine raciale.

La commission des Affaires internes de la Knesset peut ensuite débattre de la plainte avant de l’adopter par majorité des trois-quarts de ses membres. La motion d’éviction du législateur incriminé est alors transmise à la plénière, où, si 90 députés sur 120 y sont favorables, le parlementaire est déchu de ses fonctions.

Le député incriminé peut faire appel de cette décision devant la Cour suprême.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein a confirmé qu’il avait reçu les signatures, ajoutant qu’il espérait que « ce serait la dernière fois » que la loi serait invoquée.