Le Hamas a exhorté lundi Mahmoud Abbas à intervenir pour que le nouveau gouvernement paye les salaires des fonctionnaires du mouvement islamiste, une crise qui écorne les débuts de la réconciliation palestinienne.

Exsangue financièrement, le Hamas, au pouvoir à Gaza, est incapable depuis plusieurs mois de payer régulièrement ses fonctionnaires. Ceux-ci espéraient pouvoir être payés par le gouvernement de consensus national formé dans le cadre de l’accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah de M. Abbas.

La crise des salaires traduit les premières difficultés auxquelles est confronté le tout nouveau gouvernement de Rami Hamdallah.

« Le gouvernement Hamdallah ne se comporte pas correctement, et a fait une erreur envers ses employés, et viole les clauses de l’accord de réconciliation », a accusé un haut responsable du Hamas, Khalil al-Hayya, devant des journalistes à Gaza.

« Nous demandons au président Abou Mazen (Mahmoud Abbas, ndlr) d’ordonner au gouvernement de payer rapidement les fonctionnaires de Gaza, qui sont tous sous la direction de M. Hamdallah », a-t-il ajouté.

Or si l’Autorité palestinienne dirigée par M. Abbas a affirmé qu’elle « étudierait » la possibilité de payer les fonctionnaires du Hamas, elle a expliqué que le budget pour les salaires du mois de mai avait été préparé avant l’accord de réconciliation datant du 23 avril.

La semaine dernière, des échauffourées ont eu lieu lorsque les fonctionnaires du Hamas ont vu leur homologues de l’Autorité palestinienne basés à Gaza retirer leurs salaires. Les forces de sécurité du Hamas ont dû intervenir et fermer les distributeurs.

L’ex-Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyeh, qui a démissionné après l’intronisation du gouvernement d’union le 2 juin, a sollicité l’assistance financière de l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, pour payer les salaires des fonctionnaires.

L’accord de réconciliation a scellé la fin de la division politique remontant à 2007 entre la Cisjordanie, dont l’Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et la bande de Gaza dirigée par le Hamas et sous blocus israélien.