Le gouvernement italien a déclaré que l’exportation de etrog (cédrat) cultivés en Italie vers la Turquie ne sera pas affectée par les sanctions imposées par l’Union européenne à l’encontre de Moscou, selon le grand rabbin de Russie.

L’autorisation d’exclure l’exportation de cédrats, que les communautés juives utilisent durant un rituel religieux de la fête de Souccot, des sanctions instaurées l’an dernier et de l’extension de ces sanctions en juin, a été accordée, a déclaré le rabbin Berel Lazar au JTA, d’après des communiqués du gouvernement local en Italie.

Lazar, qui s’est entretenu avec le JTA depuis la région de Calabre, en Italie, a déclaré vendredi : « Le gouvernement local a indiqué, qu’étant donné qu’il s’agit d’un produit religieux, ils s’assureront qu’aucune sanction ne soit appliquée aux etrogim ». Il a ajouté que les cédrats sont importés par la Russie en tant qu’article religieux, et sont donc exemptés.

Lazar est né à Milan, fils du rabbin Habad, Moshe Lazar, qui, depuis 50 ans, supervise l’exportation d’etrogim de Calabre, et s’assure que les fruits, qui s’abîment rapidement (et deviennent inaptes), correspondent aux plus hauts standards. Berel Lazar s’est rendu dans la région de Calabre pour aider son père, âgé de 83 ans, avec la récolte.

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le grand rabbin de Russie Berel Lazar, en mars 2005. (Crédit : Kremlin/JTA)

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le grand rabbin de Russie Berel Lazar, en mars 2005. (Crédit : Kremlin/JTA)

Les adhérents au mouvement Habad-Loubavitch, ont une préférence pour les etrogim de Calabre, où des centaines de milliers de fruits sont cueillis chaque année dans des vergers appartenant à une centaine de fermiers, pour être exportés. Les cédrats sont également cultivés en Israël et au Maroc.

Les communautés Habad sont les moteurs de la vie juive dans l’ex-URSS et spécifiquement en Russie.

En juin, l’Union européenne a prolongé une liste de sanctions contre la Russie, notamment sur les importations et exportations, pour réagir à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, une zone internationalement reconnue comme appartenant à l’Ukraine.

Les sanctions ne sont pas le seul obstacle pour l’industrie du etrog en Calabre.

Un gel inattendu cet hiver a considérablement endommagé les cédratiers, détruisant près de 90 % des récoltes, a expliqué Moshe Lazar au JTA.

Cette pénurie signifie que cette année, les fruits qui auraient été classés inaptes à l’exportation, seront cueillis et exportés tant qu’ils sont casher, a ajouté Moshe Lazar. Malgré cela, ce gel signifie « qu’il n’y aura pas assez d’etrogim ce Souccot », Cela concerne aussi la Russie, affirme Berel Lazar.

Cette pénurie a fait grimper les prix. Un etrog de Calabre va valoir environ 500 dollars, selon le rabbin Avraham Wolff d’Odessa, en Ukraine.

« Nous craignons que nous n’ayons pas d’etrog de Calabre, et nous faisons notre possible pour en avoir au moins un », a expliqué Wolff. Les années précédentes, sa communauté a pu obtenir 5 etrogim de Calabre avant la fête.

« Nous avons décidé de créer un fonds pour en acheter un de Calabre, quel que soit son prix. »

Tout de suite après Souccot, les prix des cédrats de Calabre chutent à 1,50 euro le kilo, a fait remarquer Berel Lazar. La population locale utilise les fruits pour en faire de la confiture.